L'Assemblée des délégués de l'UDC Suisse, ce samedi, ne laisse pas indifférents les milieux de gauche et d'extrême gauche chaux-de-fonniers. Il est vrai que l'anarchisme fait partie des charmes ou du folklore de la cité, comme on voudra.

Un mouvement intitulé «Le Malin» a placardé de nombreuses affiches en ville, invitant la population à se rassembler à Polyexpo, cadre des débats, pour dire «non à la politique de l'UDC, au racisme et au néolibéralisme». L'information a également été largement diffusée par courrier électronique.

Masqués contre l'extrême droite

Qui se trouve derrière ce mouvement fraîchement créé? Mystère. Son site internet (www.lemalin.tk) ne donne aucune indication à ce sujet. Concernant ses intentions, en revanche, pas de zone d'ombre: «Le Malin» entend travailler à «la disparition de mouvements d'extrême droite».

Pour ce faire, il en appelle à la résistance citoyenne. Sur le forum du site, un internaute anonyme propose de «trouver des actions et moyens qui auront un effet sur les mentalités», en commençant par «recueillir le plus d'infos possible sur l'ennemi».

Le précédent de mai

Six mois après la manifestation anti-UDC du 15 mai dernier, qui avait regroupé entre 600 et 800 personnes au cœur de la ville horlogère, on peut penser que certains des organisateurs de l'époque participent au mouvement.

Michel Némitz, membre de la Fédération libertaire des Montagnes, et Eva Fernandez, secrétaire cantonale du POP, assurent qu'ils n'ont fait que transmettre l'information par courriel. «Les membres du «Malin» ont la volonté d'être discrets, je ne peux pas vous en dire plus», indique le premier. «Je sais que des militants participeront à la manifestation. Mais nous n'avons rien à voir directement avec elle», souligne la seconde.

Un brin d'inquiétude

Du côté de la direction de la police, on sent poindre un brin d'inquiétude. «Aucune demande officielle n'a été faite pour organiser cette manifestation, confie Michel Barben, membre de l'exécutif communal, à majorité de gauche. Nous prendrons évidement toutes les mesures nécessaires afin de garantir la sécurité de l'assemblée. L'absence de personnes de contact parmi les manifestants ne nous facilitera pas la tâche.»

L'élu libéral craint que le scénario de la manifestation du mois de mai se reproduise. A l'époque, la présence d'une septantaine d'«autonomes» cagoulés et équipés pour l'affrontement avait mis les forces de police sous haute tension. Mais sans que la situation ne dégénère.

L'intrusion très remarquée de ces casseurs issus majoritairement de la région zurichoise et de l'Arc lémanique pourrait expliquer en partie la naissance du mouvement «Le Malin». A l'époque, l'extrême gauche du cru s'était fait reprocher la tournure prise par les événements. «En restant dans l'ombre, les organisateurs de la manif de samedi s'assurent que cela ne se reproduira pas», considère un socialiste chaux-de-fonnier.