La Municipalité d'Yverdon avait accepté l'ouverture d'un centre de premier accueil dans sa commune à deux conditions: que la Fareas cesse ses recherches d'appartements à Yverdon et que l'on mette tout en œuvre pour une meilleure répartition des requérants dans le canton, remarquant que les communes riches, particulièrement celles de La Côte, étaient jusqu'ici préservées. Le canton avait assuré que la recherche de logements sur La Côte était une priorité. Or, contacté jeudi dernier, le préfet de Rolle avait justement levé le pied sur les recherches d'hébergement. Le 13 juillet dernier, dix jours avant l'annonce de l'ouverture d'Yverdon, la commune de Rolle recevait une lettre de l'Etat de Vaud stipulant que «le dispositif pour l'ouverture des ouvrages de protection civile est ajourné. Une nouvelle appréciation de la situation sera effectuée à la fin du mois de septembre.»

Qu'en est-il de la recherche d'un terrain à Rolle pour y poser l'hôtel modulaire d'une centaine de réfugiés annoncé par le canton comme l'une de ses priorités? Le préfet de Rolle estimait en fin de semaine dernière que la recherche n'était plus urgente, vu le courrier de l'Etat. Au bureau d'architecture Groupe Y à Yverdon, auteur de la structure préfabriquée, on assurait qu'aucune commande de l'Etat de Vaud n'avait été passée.

Par contre, l'Etat et la Fareas insistent dans les zones dangereuses: ayant acquis un immeuble à Chavannes-près-Renens avant l'incendie de l'abri PC, la Fareas va y installer dès la mi-août une quarantaine de réfugiés en accord avec la Municipalité, en attendant d'y créer un centre de formation pour requérants. Provocation? «On ne va pas laisser cet immeuble vide pour faire plaisir aux incendiaires!» déclarait le directeur adjoint de la Fareas, Bernard Brodard. D'hôtels modulaires pour réfugiés sur La Côte, il n'avait par contre pas entendu parler. Il précise très vite que le prochain abri PC, dont l'ouverture pourrait être avancée vu l'incendie d'Yverdon, sera à Aubonne, sur La Côte.

C. S.