Le chef de l'Office cantonal des impôts, Andreas Simmen, a été licencié avec effet immédiat, a fait savoir jeudi le gouvernement zurichois. Il aurait permis à certains contribuables de bénéficier de privilèges fiscaux sans respecter la ligne de conduite de son administration. Le dossier a été confié à la justice qui devra se prononcer sur d'éventuelles infractions pénales.

Andreas Simmen a outrepassé ses compétences dans au moins 11 cas. «Il a ignoré les commissaires spécialisés qui doivent être consultés lors du traitement de cas complexes», éclairele ministre des FinancesHans Hollenstein. Comme le laissait entendre récemment le Tages-Anzeiger, il aurait usé des «zones grises» du système fiscal. Par exemple, il est de la compétence du chef de l'office d'accorder à certaines entreprises des privilèges de holdings.

Une enquête interne avait été ouverte à l'automne dernier, peu de temps après l'arrivée de Hans Hollenstein au pouvoir. Plusieurs collaborateurs avaient formulé des suspicions à l'égard de leur chef, Andreas Simmen. Beaucoup avaient été brusqués par sa réorganisation de l'office. Malgré ces accusations, il n'avait pas été suspendu car aucun soupçon ne concernait un enrichissement personnel.

Son cas a pris de l'ampleur au début du mois d'avril. En effet, Andreas Simmen fait partie des personnes accusées par le Ministère public zurichois dans l'affaire Swissair de gestion déloyale, de gestion fautive et de faux dans les titres. Ancien collaborateur de SAirGroup - jusqu'en 2002 -, il avait apposé sa signature sous une déclaration postdatée indiquant que SAirGroup renonçait à réclamer 726 millions de francs à SAirLines.

Pas de titre universitaire

Cette mise en accusation venant s'ajouter à l'enquête en cours au sein de l'office d'Andreas Simmen, l'Etat zurichois a décidé de le suspendre de ces fonctions. Résultat, le chef des contributions a démissionné la semaine dernière. Le Conseil d'Etat a préféré un licenciement immédiat, le privant de revenu dès la fin avril. «Cette situation ne pouvait que discréditer l'autorité de l'office qu'il dirigeait», argumente encore Hans Hollenstein.

Andreas Simmen avait été nommé à l'office des impôts en 2002, notamment pour une application du programme d'économie. Jeudi, le gouvernement a relevé un autre aspect suspect: Andreas Simmen ne bénéficie d'aucun diplôme universitaire et ne l'aurait pas signalé. Hans Hollenstein: «Une erreur s'est glissée lors de son engagement via une entreprise de placement. Il ne s'est jamais manifesté pour la rectifier.»