Le calendrier était connu. Mais c’est la procédure qui détonne. Le chef de l’Armée André Blattmann rendra son tablier le 31 mars 2017, soir huit mois avant qu’il n’atteigne l’âge ordinaire de la retraite, début 2018. Le Conseil fédéral, sur proposition du chef du Département de la Défense Guy Parmelin, a accepté mercredi matin la résiliation du contrat de travail du commandant de corps «d’un commun accord». Une procédure qui permettra à André Blattmann de recevoir une année de salaire après son départ fin mars 2017, selon les dispositions légales en vigueur. En Suisse, le chef de l'armée, en classe 38, gagne environ 300'000 francs par an.

Le moment est opportun, comme nous le confiait récemment parlementaires et cadres de l’armée. Les débats sur la réforme Développement de l’armée (DEVA) sont terminés. Il est de coutume, avant d’entrer dans une nouvelle ère, de changer la tête de l’équipe. «Quand vous avez terminé un processus politique aussi important que le DEVA, il faut une équipe neuve. La mettre en place demande de 6 à 8 mois», indique une source proche du dossier.

On savait donc André Blattmann sur le départ. Il est par ailleurs l’un des commandants de corps européens ayant la plus importante longévité. Le Fribourgeois avait repris la conduite de la Grande Muette le 1er mars 2009 suite à la démission de Roland Nef, entraîné dans une polémique sur ses relations avec une ex-compagne. Son prédécesseur était parti, lui, avec une indemnité de 275 000 francs. Le Conseil fédéral reprendra la question de la succession d’André Blattmann plus tard. L’annonce de son départ au printemps 2017 permet à Guy Parmelin de prendre le temps de lui trouver un successeur qui incarnera la réforme de la nouvelle armée à 100 000 hommes.