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Le chef vaudois de la protection de la jeunesse s’en va

Accablé par le rapport Rouiller sur un grave cas de maltraitance, le directeur du SPJ quitte son poste. Il ignorait tout du dossier concernant huit enfants abusés par leur père

Le chef du Service vaudois de protection de la jeunesse (SPJ), Christophe Bornand, s’en va. Cette décision, prise par l’Etat, «d’un commun accord avec l’intéressé», survient deux semaines à peine après la publication d’un rapport accablant sur la gestion par les responsables cantonaux d’une affaire particulièrement grave d’abus au sein d’une famille.

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Fin septembre, l’ancien président du Tribunal fédéral Claude Rouiller présentait son épaisse enquête sur le cas d’un père condamné en mars à 18 ans de prison à Yverdon-les-Bains (VD) pour avoir abusé de ses huit enfants. Ces atrocités ont duré une quinzaine d’années alors que la famille était sous la protection de l’Etat depuis 1997.

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Manque de collaboration avec la justice de paix, expertises insuffisantes pas remises en cause, enfants peu écoutés, pièce clé volatilisée: Claude Rouiller dénonçait les «graves défauts organiques de l’action du SPJ» et se disait sidéré que la personne à la tête du SPJ n’ait jamais entendu parler d’une affaire aussi grave avant que les médias ne s’en emparent.

Nouvelle gouvernance

Cesla Amarelle, la cheffe du Département de la formation et de la jeunesse, se sépare donc de Christophe Bornand, en poste depuis février 2013. Cette mesure va dans le sens d’un «changement de culture» demandé au SPJ, tout comme de la nouvelle gouvernance réclamée par la Cour des comptes en 2016 déjà.

Désormais, le chef du SPJ devra directement se charger des cas limites, signalés par les quatre offices régionaux de protection des mineurs (ORPM). La commission interdisciplinaire d’éthique et de protection, qui doit aussi améliorer la gestion de ces cas, sera mise sur pied «d’ici à quelques semaines». Egalement épinglée pour des carences, la direction de l’ORPM Nord sera réorganisée.

En attendant le nouveau directeur, le SPJ sera dirigé ad interim par Frédéric Vuissoz, chef de l’Office cantonal des curatelles et tutelles professionnelles.

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