Les milliers de voyageurs immobilisés dans des dizaines de trains lundi soir entre 19 heures 10 et 20 heures l'ont été à cause de la foudre tombée entre les communes fribourgeoise de Chiètres et vaudoise de Puidoux sur la ligne principale de 132 000 volts alimentant le réseau romand. Plusieurs générateurs de secours valaisans ont permis une reprise progressive du trafic après une heure d'attente sous une pluie battante suscitant des comparaisons vitriolées entre la marine russe et les trains suisses.

Ce n'est pas la première fois que la Suisse occidentale pâtit de cette alimentation unique à la fois vitale et obsolète puisque datant de 1927. Il y a trois ans déjà, de grosses pannes à répétition avaient émaillé les mois d'août et de septembre: les chantiers de Rail 2000 et un disjoncteur défectueux en étaient alors la cause.

Solution sous le Lötschberg

«Nous étudions depuis trente ans un projet de ligne de secours, mais de multiples oppositions ont fait traîner les choses», se défend Jean-Louis Scherz, porte-parole des CFF. La solution passera finalement par un câble tiré sous le nouveau tunnel du Lötschberg, mais pas avant 2007 ou 2008. En attendant «nous vivons avec ce risque qui est désagréable pour tout le monde», soupire Jean-Louis Scherz.

D'autant plus désagréable que mardi matin, un aiguillage défectueux en gare de la commune vaudoise de Roche a provoqué de nouveaux retards importants sur la ligne lémanique. Rançon de la rationalisation: Roche n'étant plus desservie, il a fallu faire venir du personnel de Saint-Maurice pour réparer cette panne sans rapport avec celle de la veille.

En 1997, le directeur d'arrondissement des CFF attirait l'attention du personnel sur l'indispensable information des passagers dans ces situations délicates. Trois ans plus tard, cela donne ceci, en gare de Morges: «Le train ne va pas plus loin parce qu'on n'a plus de courant…» Suivi par un quart d'heure de silence avant l'annonce d'un retard de cinquante minutes.