Genève

Tous au chevet du patient numérique

Le canton a réuni tous les acteurs autour du dossier électronique du patient. Leader sur ce dossier, Genève veut ainsi anticiper les évolutions futures

Ils étaient tous là, vendredi, au Campus Biotech à Genève, représentants de l’Etat, médecins, entreprises (Kudelski ou la Poste), juristes, pour tracer les lignes de force de la santé numérique en 2025. Histoire de partager leur expérience et d’exposer leurs problèmes, afin de faire avancer un dossier sur lequel Genève est leader. Le canton a en effet lancé en 2013 un projet pilote de dossier électronique du patient (MonDossiermedical.ch) qui compte à ce jour plus de 20 000 patients et 650 cabinets médicaux.

Durant une journée, ces acteurs se sont penchés sur le patient numérique et les défis que cela pose. La protection des données, bien sûr, mais aussi le risque de perte ou d’altération de celles-ci. «Les données sont le prolongement du patient, rappelle Pascal Métral, vice-président des affaires juridiques et du secteur public. Nous avons donc évoqué les menaces et les scénarios catastrophe.» Evoquer tous les problèmes, sans tabous. Et rappeler aussi que le risque zéro n’existe pas. Car bientôt, une loi fédérale devrait permettre aux patients d’accéder à leurs données médicales dans un dossier virtuel et d’y enregistrer eux-mêmes les informations qu’ils souhaitent. Les spécialistes ont donc plaidé pour un organisme central.

Car si le patient est appelé à devenir acteur, le rôle de l’Etat évoluera aussi. «Les institutions devront être capables de constituer des équipes autour du patient, dans le respect de sa volonté, estime Adrien Bron, directeur général de la santé. Mais aussi de former les médecins et les patients à leurs nouvelles responsabilités et coordonner les acteurs de l’ambulatoire.» Vaste programme, qui doit aussi, in fine, «trouver le juste équilibre entre l’intérêt collectif à la baisse des coûts de la santé et l’intérêt de chacun à ce que le coût que sa santé génère ne soit pas indûment limité», a rappelé Mauro Poggia, conseiller d’Etat en charge de la santé.

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