Un parti politique évolue sans cesse. Son personnel se renouvelle, ses priorités aussi. Le climat et l’égalité hommes-femmes sont, par exemple, devenus des thèmes incontournables. Comment les anciens vivent-ils ces évolutions, quel regard les jeunes portent-ils sur l’avenir de leur formation? Cette série a proposé des rencontres entre des personnalités qui ont marqué les cinq grands partis du pays et ceux qui incarnent la relève.

Episodes précédents:

Au bord du chemin en terre, il y a un minuscule terrain de football improvisé, avec un but défraîchi coincé le long d’une rangée d’arbres. Quand il joue là avec ses petits-enfants et qu’il marque un but, Fernand Cuche a l’habitude de se diriger face à la montagne et de saluer une foule imaginaire. L’homme joint le geste à l’explication et mime une révérence face aux brins d’herbe du pâturage, ce qui fait éclater de rire Alice Genoud. C’est le début de l’après-midi et la rencontre entre la députée écologiste vaudoise et l’ancien conseiller d’Etat et ex-conseiller national touche à sa fin. Ils reviennent d’une métairie toute proche où le Neuchâtelois a ses habitudes et a proposé d’emmener son invitée. Ils n’ont pas hésité et ont opté pour la poêlée de röstis, arrosés d’un pinot noir corsé d’un domaine viticole bordant le lac de Bienne.

La jeune Verte n’avait jusqu’ici jamais parlé à Fernand Cuche. C’est à peine si elle l’avait aperçu de loin lors d’une conférence ou d’un congrès du parti. Elle se réjouissait de cette rencontre organisée par Le Temps. Elle s’est préparée en lisant différents portraits de son hôte parus dans la presse. Pour la Vaudoise, cette journée a commencé tôt le matin en prenant des allures de course d’école. Départ en train de Lausanne jusqu’à la gare de Neuchâtel, puis trajet en voiture direction le plateau de Diesse à l’extrémité nord du canton. La destination: les Prés-sur-Lignières, hameau accroché à 1000 mètres d’altitude sur les pentes du Chasseral où vit Fernand Cuche. Prévenu de l’arrivée, celui-ci attend au bord de la route. «Ma maison étant cachée par les arbres, il est très facile de la manquer et de passer tout droit», avait-il indiqué au téléphone.