marché du travail

Chez Visilab, plus de 50% de la main-d’œuvre est frontalière

Le patron de Visilab, Daniel Mori, craint le spectre des contingents

Visilab: 50%, davantage à la vente

Daniel Mori est formel: si son entreprise parvient à débusquer des candidats résidents à Genève, ils sont tête de liste! Mais avec 50% de frontaliers sur l’ensemble des collaborateurs (contre 17% en Suisse) et davantage dans la vente seule, la réalité ne lui en donne pas souvent l’occasion: les curriculum vitae qui échoient sur le bureau du leader suisse de l’optique sont majoritairement tricolores. Manque d’attractivité salariale? Avec des rémunérations de 4000 à 6000 francs mensuels pour les opticiens et de 6000 à 8000 francs pour les optométristes, le patron de Visilab écarte l’hypothèse. Ce qui serait en cause, c’est la formation. Tributaires de la loi sur les professions de la santé, les diplômes sont agréés par les autorités. «Or, la seule école pour les optométristes se trouve en Suisse alémanique, déplore l’entrepreneur. Celle-ci ne pourvoit qu’au 10% des besoins du marché! Une aberration absolue. Quant aux opticiens avec CFC, ils ne courent pas non plus les rues.» Une désaffection constatée en amont déjà: «Visilab forme 140 apprentis par année en Suisse. Mais on ne parvient plus à repourvoir tous ces postes.» Du coup, le recours à la France n’est pas une option, «mais une obligation». Pas facile, depuis que l’Etat conteste l’équivalence de certains diplômes, ce qui a poussé Visilab devant les tribunaux à plusieurs reprises. Pour autant, Daniel Mori veut encore y croire, lui qui a fondé une association pour promouvoir la formation. C’est donc avec une appréhension manifeste qu’il voit revenir le spectre des contingents: «Ils remettraient en cause l’existence d’une entreprise comme la nôtre.» LLZ

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