analyse

Le choix de Parmelin, un désaveu pour la direction de l'UDC

En élisant le Vaudois Guy Parmelin, l’Assemblée fédérale a privilégié la stabilité et la normalité. C'est aussi un rejet de la ligne blochérienne de l'UDC, pour notre journaliste Yves Petignat

Trois Romands au Conseil fédéral. Et il n’aura fallu que trois tours de scrutin. Un événement historique. En élisant le Vaudois Guy Parmelin, l’Assemblée fédérale s’est en réalité moins souciée de l’équilibre entre les régions linguistiques que du retour à la stabilité et à la normalité. Puisque la gauche a échoué à faire émerger un candidat du centre, les voix se sont reportées vers le candidat qui apparaissait le plus éloigné de la ligne dure de l’UDC et peut-être le plus malléable. Une fois admis par le PLR et le PDC le droit du premier parti de Suisse à obtenir deux sièges, seule a été prise en compte la ligne supposée du candidat vaudois.

Tout au long de ces dernières semaines, c’est le besoin d’un retour à la normalité, de réintégrer le premier parti de Suisse dans le consensus fédéral qui a dominé. Or la candidature du jeune Zougois Thomas Aeschi souffrait de son manque d’expérience politique et des liens avec Christoph Blocher. Ces dernières heures, de nombreux élus UDC ne cachaient pas leur agacement face à une direction du parti qui leur imposait un seul choix alémanique.

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D’emblée le relativement faible score de Thomas Aeschi, 61 voix seulement contre 90 à Guy Parmelin, indiquait bien la tendance. Son élection très nette, par 138 voix contre 88 à Thomas Aeschi t 11 à Norman Gobbi n’en est que la suite logique.

Rejet de la ligne de la direction de l’UDC

Qu’il n’ait fallu que trois tours en dit long sur le rejet de la ligne de la direction de l’UDC. Reste savoir si le vœu des partis du centre d’un retour à une politique apaisée et à la réintégration de l’UDC dans le consensus national se concrétisera avec le Vaudois. La gauche en doute.

L’autre question est de savoir aussi quel département pourrait reprendre Guy Parmelin dont on sait que ses compétences et son expérience le prédestinent plutôt vers les assurances sociales. Enfin, Guy Parmelin devra réaliser de notables progrès en allemand et en italien s’il veut espérer faire passer son message dans les autres régions du pays. Car la communication est devenue l’une des exigences fondamentales du mandat exécutif.

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