Chômage

Le chômage, un cas de figure que les Haut-Valaisans connaissent si peu

La partie germanophone du Valais a un taux de chômage nettement plus bas que le reste du canton. Plusieurs spécificités de la région expliquent cette particularité

Le chômage ne semble pas frapper le Haut-Valais. Alors que, en 2018, le taux moyen dans le Valais central s’élevait à 3,8% et à 3,7% dans le Bas-Valais, il n’était que de 1,1% dans la partie germanophone du canton. Abritant le quart de la population, le Haut-Valais recense moins de 9% des chômeurs valaisans. Plusieurs éléments viennent expliquer cette particularité régionale.

Les Haut-Valaisans sont réputés pour être très solidaires. Et cela se vérifie sur le marché de l’emploi. «Les liens sociaux sont toujours très forts dans le Haut-Valais. Si vous faites partie du «club», vous avez plus de chances de retrouver du travail», explique Vincent Riesen, directeur de la Chambre valaisanne de commerce et d’industrie. Ce lien social plus fort, qui offre plus de chances économiques, limite également l’anonymat, ce qui renforce le contrôle social. «Le fait de s’inscrire au chômage est mal vu par la population, les gens osent donc moins faire le pas», souligne Vincent Riesen.

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La force prépondérante du tourisme

L’importance du tourisme est un autre facteur d’explication. Le Haut-Valais est la seule région du canton où la force du tourisme dépasse celle de la construction. «Comme la branche du tourisme est plus importante en termes d’emplois que celle de la construction, elle absorbe, en hiver, une plus grande quantité de main-d’œuvre issue de la construction», relève Peter Kalbermatten, chef du Service de l’industrie, du commerce et du travail du canton. Un phénomène moins présent dans le Valais romand, où le secteur de la construction est plus important que celui du tourisme.

Peu de travailleurs des autres cantons viennent travailler dans le Haut-Valais

Peter Kalbermatten, chef du Service de l’industrie, du commerce et du travail valaisan

Le Haut-Valais abrite également un véritable poumon en termes de postes de travail: Lonza. Le groupe chimique emploie quelque 2700 personnes sur son site de Viège et rayonne dans toute la région. «Ses investissements, ainsi que l’entretien qui en découle, engendrent une augmentation de la masse de travail des entreprises «périphériques», actives dans l’électricité ou le transport par exemple», explique Peter Kalbermatten.

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Le tunnel du Lötschberg

A ces éléments s’ajoute la construction du tunnel du Lötschberg. Son inauguration en 2007 a offert à la population active du Haut-Valais une possibilité supplémentaire de trouver un emploi. Depuis lors, en plus du marché local, de celui du Valais romand, où de nombreux Haut-Valaisans travaillent, s’ajoute le bassin d’emploi de la Suisse alémanique, notamment celui de la région de Berne.

«A contrario, peu de travailleurs des autres cantons viennent travailler dans le Haut-Valais», rappelle Peter Kalbermatten. Autant d’éléments qui permettent aux habitants de la partie germanophone du Valais d’être moins touchés par le chômage.

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