Christian Constantin veut un stade européen à Sion

Valais Le promoteur propose que la Ville finance les travaux ou lui vende le stade

Christian Constantin profite de la ferveur populaire engendrée par la victoire de son FC Sion en Coupe de Suisse pour demander des investissements à la Ville de Sion et à l’Etat du Valais. Son équipe jouera l’Europa League, la petite compétition européenne des clubs, et sans quelques travaux, l’organisateur n’homologuera pas le stade de Tourbillon, qui appartient à la Ville de Sion. Durant la dernière décennie, le club a été plusieurs fois obligé de louer le stade de la Praille à Genève.

Par communiqué de presse, le président du FC Sion propose que la commune, l’Etat et le club, «par solidarité», paient chacun un tiers des 2 millions de francs qu’il estime nécessaires pour organiser des rencontres européennes à Tourbillon. L’ultimatum est fixé au 13 juillet. Le club et la Ville devront alors se déterminer sur les directives de l’Union européenne des associations de football (UEFA), qui a inspecté les lieux fin juin.

Un peu agacé par le procédé, le président de la Ville de Sion, Marcel Maurer, explique immédiatement que la mise aux normes du stade nécessite moins de 2 millions de francs. Une part de ce chiffre est destinée à la construction de loges pour les sponsors. C’est un souhait du club et non une condition des institutions du football. «Si Christian Constantin veut des infrastructures accessoires, il est normal qu’il en assume les frais.» Parce qu’il tient à accueillir l’événement et ses retombées économiques, l’édile assure par contre que Tourbillon satisfera aux exigences minimales de l’UEFA pour le début de la compétition, en septembre. Propriétaire du stade, la Ville de Sion a investi 12 millions de francs ces dix dernières années pour adapter progressivement l’infrastructure aux normes européennes. Pour l’instant, les derniers travaux sont agendés en 2016.

Dix millions de francs

Le FC Sion loue le stade 150 000 francs par année. Il y a trois semaines, la Ville envisageait de doubler ce loyer, et Christian Constantin en avait profité pour relancer un vieux débat. «Pour donner des recettes à la commune et diminuer les coûts d’exploitation», le promoteur propose d’acheter le stade. Dans la presse, il fixe le prix de Tourbillon à plus de 10 millions de francs. Il a des projets pour l’ensemble du quartier depuis longtemps. Marcel Maurer n’entre pas en matière. Il explique que ce montant est dérisoire, et que l’équipe de Christian Constantin n’est pas la seule à utiliser l’infrastructure. Par ailleurs, elle est située dans une zone sportive d’intérêt général. Le règlement de la commune ne permettra donc pas d’y implanter l’un de ces centres commerciaux dont Christian Constantin a fait sa spécialité.