«Je passe très fréquemment à la gare Cornavin puisque je ne reste pas à Berne le soir lors des sessions parlementaires. Je fais donc au moins 80 allers et retours par année avec Berne ou d'autres destinations. Pour moi, il fut un temps où la gare était également un lieu de rencontres, grâce à la salle du premier étage, où avaient lieu de nombreuses réunions d'associations ou de partis. C'est là, par exemple, que le Parti socialiste avait élu André Chavannes comme candidat au Conseil d'Etat. Nous avions fait la fête. C'était surtout très pratique d'y organiser des réunions quand des participants venaient en train. Cela se pratique encore beaucoup à Lausanne. Malheureusement, ce service public a été sacrifié à la rentabilité, puisque les CFF ont préféré louer le plus possible de surface à des activités commerciales. Avec l'Association patrimoine vivant (APV), nous nous étions toutefois opposés à cette évolution.

Bien sûr, tout le monde rêverait d'avoir ses bureaux dans la gare, mais il était nécessaire de donner la priorité à l'accueil des usagers. Celui-ci aurait pu être amélioré avec des salles d'attente dignes de ce nom, de meilleurs services de renseignements pour les touristes, mais il a en fait été détérioré. Et même si les interventions de l'APV ainsi que de la Société d'art public ont permis de limiter les dégâts, le Buffet de la Gare a tout de même été saccagé. Quant à l'entrée de la gare, elle avait déjà été sacrifiée, il y a plus de vingt ans, lorsque l'on a jeté à la casse les grandes portes de l'entrée principale pour placer les escaliers roulants qui relient la gare au Métro-Shopping. Aujourd'hui, la terrasse parisienne dénature encore plus la façade. L'APV reste soucieuse de ce que deviendra l'aile est de la gare.

Une gare que j'apprécie? Zurich, avec son immense volume. Là aussi, on a accueilli plus d'activités commerciales, mais la dimension du bâtiment permettait de respecter l'essence même de la gare.»