«Chaque homme a un côté de lumière et un côté d'ombre. Christian Pidoux voulait vivre les deux. Jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il y a une zone neutre, entre le bien et le mal.» Au-delà de cette analyse faite mercredi devant le Tribunal correctionnel de Lausanne, la personnalité de celui qui a eu l'idée d'enlever Stéphane Lagonico reste mystérieuse. S'il a évolué, le «cerveau» du rapt présente toujours le risque de récidiver dans la grande délinquance.

Le parcours violent de Christian Pidoux ne s'est pas terminé avec son arrestation. Son comportement a été «très difficile à gérer» dans les prisons qu'il a visitées et sa détention a été semée d'incidents. Il a été mis en cellule forte à plusieurs reprises, à la suite de bagarres, de refus d'obéir, ou d'altercation avec des surveillants. Bousculé, un gardien a été blessé.

Adopté avec son frère Marc, l'enfant est arrivé de Colombie à l'âge de 4 ans. Placé dans plusieurs collèges privés, il y connaissait déjà des problèmes de discipline. Voulant commencer l'Ecole hôtelière, il a fait une petite patente de restaurateur à Crans-Montana. Mais il reste sans formation et n'aura fait que des stages dispersés et quelques petits boulots de sommelier.

En 1993, Christian Pidoux est condamné une première fois à 18 mois avec sursis, pour vols, brigandages et escroquerie. Un an plus tard, le sursis est révoqué par un nouveau jugement à un an ferme pour infraction à la loi sur les stupéfiants. Toutefois, la peine est alors suspendue au profit d'un traitement ambulatoire.

Aujourd'hui, trois expertises psychiatriques concluent à l'existence d'un trouble mental. Christian Pidoux a des traits narcissiques et des tendances psychotiques. Selon l'expert, sa responsabilité est moyennement diminuée. A la suite de carences traumatiques dans la petite enfance, puis affectives par la suite, il cherche à compenser son absence de réussite sociale, il cherche à se valoriser. Il ne présente qu'un espoir «raisonnable» et pourrait à nouveau commettre des délits graves s'il ne subit pas de mesure d'encadrement strict.

Christian Pidoux suit des cours en prison, afin notamment de repasser le bac français. Mais le travail est devenu plus difficile. «Il se sent comme un chien mordant qu'on taquine», confie son enseignante. Le procès reprend lundi.