Une salle polyvalente de Conthey en ébullition, 2171 délégués et un débat nourri pour un dénouement attendu au vu des fluctuations de l’applaudimètre. Christian Varone est sorti vainqueur jeudi soir de la primaire libérale-radicale pour l’élection au Conseil d’Etat valaisan de mars 2013. Soutenu par un important peloton de supporters saviésans, il a été élu dès le 1er tour avec 1338 voix. Les autres candidats, Marc-André Berclaz et Lise Delaloye, ont obtenu respectivement 468 et 355 suffrages.

La soirée électorale a commencé par une allocution de Christian Varone sollicitée par le comité directeur du PLR. Histoire d’évoquer «sa situation exceptionnelle», selon les termes du président du parti Georges Tavernier faisant référence à la pierre volée en Turquie. Le commandant de la police cantonale a retracé les faits en s’en tenant à la version répétée ces dernières semaines. «J’ai ramassé une pierre au bord d’un chemin […], j’ai toujours dit que je regrettais.» Il a évoqué «sa confiance pour la suite de la procédure» mais n’a pas pris position de manière précise sur les conséquences d’une éventuelle condamnation pénale. «Je suis en contact permanent avec la direction du parti. Le cas échéant, nous prendrons toutes les décisions politiques qui s’imposeront dans l’intérêt supérieur du parti.»

L’ambiance est montée de deux tons quand Pascal Couchepin est monté à la tribune pour dire que la déclaration de Christian Varone était «insuffisante». L’ancien Conseiller fédéral s’est fait huer à plusieurs reprises, notamment quand il a interpellé directement Christian Varone, lui demandant «de déclarer publiquement» qu’il «retirerait sa candidature en cas de condamnation pénale». Et de conclure: «pour l’intérêt du parti, du Conseil d’Etat et l’honneur du Valais, il est nécessaire que la clarté soit apportée ce soir.»

Dans une ambiance électrique, plusieurs orateurs se sont succédés pour donner leur vision «du cas Varone». Son tour venu, le Saviésan est monté à la tribune. Droit dans ses bottes, combatif, il a esquivé la question qui lui était posée: «Je l’ai dit, je le répète, je suis un homme d’honneur. Je prendrai mes responsabilités. Aujourd’hui, on bafoue la présomption d’innocence et la proportionnalité. On m’a déjà jugé, condamné, exécuté. On ne peut pas présager d’une décision de justice.» Un discours accueilli par un tonnerre d’applaudissements.

Une part d’incertitude subsiste pour celui qui est désormais le candidat officiel du PLR. En marge de l’assemblée, Georges Tavernier confiait que le comité directeur restera lui «très attentif» au développement de la procédure en cours en Turquie. «Si l’enquête devait révéler des éléments plus graves que ce qu’on sait aujourd’hui, nous devrons reconsidérer la situation. Si Christian Varone devait être condamné à de la prison ferme, il devra se retirer. Cela impliquerait d’organiser de nouvelles primaires.»

Pour l’historien Philippe Bender, qui est monté à la tribune pour défendre «le magistrat» Pascal Couchepin, une condamnation pénale «poserait un problème pour le candidat Varone, le parti et le Valais». Selon lui, la procédure pourrait durer au-delà de son éventuelle élection au Conseil d’Etat. «S’il est condamné, il fera sans doute recours. Cela peut nous emmener loin.»