«Eine Frau, die Power hat (une femme qui a de l'énergie à revendre).» C'est en ces termes que Christine Goll décrivait Christiane Brunner dans une interview parue jeudi dans le Tages-Anzeiger. Cette expression, la Zurichoise aurait aussi bien pu se l'appliquer à elle-même. Car autant Hans-Jürg Fehr est un politicien cérébral qui réfléchit en termes de systèmes et de stratégies, autant la conseillère nationale zurichoise fait de la politique avec ses tripes. Au fil des ans, elle a toutefois mûri. Son ton s'est assagi et ses traits mêmes se sont adoucis.

Mine de rien, Christine Goll a déjà neuf ans d'expérience parlementaire à son actif au niveau fédéral, ce qui, à 44 ans, en fait déjà presque une vétérane. Alors que d'autres personnalités socialistes qui n'ont pourtant pas plus d'ancienneté (Andrea Hämmerle, Andreas Gross, Rudolf Strahm, etc.) font presque figure de dinosaures, l'image de Christine Goll a conservé sa fraîcheur. Cela s'explique par le fait qu'elle se soit dans une large mesure tenue à l'écart de la guerre entre «kochistes» et «bodenmanniens» à l'exception d'un article dans la Wochenzeitung où elle appelait ses camarades à revenir à la raison. Sa virginité politique et médiatique, Christine Goll la doit aussi au fait qu'il lui a fallu du temps pour prendre de l'épaisseur. Cantonnée durant des années dans des combats marginaux sous la bannière du mouvement féministe Frauen macht Politik!, la Zurichoise a commencé à s'épanouir sous l'ère Koch après avoir adhéré à proprement parler au PS en 1997. Elles s'est vue progressivement confier des dossiers de premier plan, allant notamment débattre à l'émission Arena de la 11e révision de l'AVS ou s'offrant un face à face dans la presse avec Christoph Blocher sur le thème de la pauvreté.

Christine Goll se définit clairement à gauche. Elle se bat pour les femmes et contre le démantèlement social. «Et si cela signifie être traditionaliste, je veux bien que l'on m'affuble de cette étiquette», dit-elle.

S. Z.