Christoph Blocher: une «capitulation»

Pour le stratège de l’UDC et par ailleurs ancien ministre de l’Immigration, Christoph Blocher, le gouvernement est coupable d’avoir déjà cédé face à l’UE.

«Ce que le Conseil fédéral a annoncé était attendu. Avec quelques adaptations, il propose, comme il l’a déjà dit, des mesures pour mettre en œuvre l’initiative acceptée le 9 février 2014. Il a beaucoup tardé, mais la question la plus importante n’est pas le contenu de ce que propose le Conseil fédéral. Ce qui est grave, c’est qu’il a déjà capitulé devant l’Union européenne. Il a déjà indiqué qu’il voulait maintenir à tout prix les accords bilatéraux et qu’il n’y renoncerait jamais. C’est une lourde erreur. L’UDC n’acceptera en aucun cas que la décision du souverain ne soit pas intégralement respectée et appliquée. Si tel ne devait pas être le cas, nous lancerons une initiative pour demander la dénonciation de ces accords.

Le Conseil fédéral devait dire à l’UE que le peuple et les cantons, c’est-à-dire le pouvoir le plus élevé dans le pays, avait choisi de ne plus appliquer la libre circulation des personnes avec l’UE. Que cette décision devait être respectée, et que si elle devait rendre caducs les accords bilatéraux, c’est un risque que la Suisse était prête à prendre, même si elle ne souhaitait pas que cela arrive. De toute manière, je suis convaincu que l’UE ne dénoncera pas les accords. C’est une menace qu’elle utilise pour défendre ses intérêts.

Cela dit, les inconvénients liés à la libre circulation des personnes et à l’immigration, avec ces 80 000 personnes chaque année, sont bien plus grands que ceux qui découleraient d’une dénonciation. La libre circulation ne fonctionne pas, nulle part. Ni les Etats-Unis ni le Canada ne la pratiquent. Hors de l’UE, la Suisse est le seul pays qui l’a adoptée. Et le Conseil fédéral se garde bien de dire que l’immigration continue à augmenter. Les citoyens ne veulent plus de cela, ils l’ont dit, et il faut en terminer avec ça.

Les contingents, en soi, ne sont pas dans l’intérêt des entrepreneurs et amènent une part de bureaucratie. C’est vrai. Mais c’est une mesure indispensable, dont les effets sont moins graves que ceux de la libre circulation.»