Pour Blocher, Ecopop est un danger

Votations Le tribun de l’UDC met en garde ses sympathisants

Alors que les sections lucernoise et soleuroise de l’UDC viennent de recommander le oui à l’initiative Ecopop «Halte à la surpopulation», après Argovie, Schwyz et Bâle-Campagne, Christoph Blocher met en garde ses sympathisants: «L’initiative Ecopop est dangereuse et provoquerait des dégâts économiques en Suisse.»

C’est que de plus en plus de militants et sympathisants de l’UDC sont tentés par le oui à Ecopop. Le plus ardent partisan, qui a entraîné jusqu’ici les sections bâloise et argovienne de l’UDC, est le professeur d’économie Hans Geiger, 71 ans, ancien directeur général du Crédit suisse et membre d’Ecopop.

C’est dans une interview accordée au quotidien zurichois Tages-Anzeiger que Christoph Blocher prévient que l’acceptation de l’initiative serait une mauvaise solution pour le pays et son économie. Cela empêcherait, par exemple, un entrepreneur d’engager un ingénieur impossible à trouver en Suisse, tout cela parce que le plafond de 0,2% d’étrangers dans la croissance démographique serait atteint par l’arrivée de demandeurs d’asile.

Griefs au gouvernement

L’ancien ministre de la Justice, qui a souvent critiqué le Conseil fédéral pour ses engagements trop actifs dans les campagnes de votations, l’accuse aujourd’hui d’être trop passif. «Le Conseil fédéral ne gagnera la votation que par une déclaration claire.» Car, si de plus en plus de citoyens rallient l’initiative Ecopop, selon Christoph Blocher, c’est parce que le gouvernement n’a pas su rendre crédible sa volonté d’appliquer de manière conséquente l’article constitutionnel «Contre l’immigration de masse» adopté le 9 février. Beaucoup de gens ne croient plus au gouvernement ou aux partis, selon lui. «Le gouvernement doit enfin s’engager et dire de manière convaincante que l’immigration sera limitée par l’application de l’initiative «Contre l’immigration de masse».

Christoph Blocher prévient aussi les responsables de l’UDC qui seraient tentés par le oui juste pour envoyer un avertissement au Conseil fédéral que «cela pourrait avoir des conséquences dangereuses». La stratégie est claire: il faut refuser Ecopop et appliquer à la lettre la décision du 9 février.

Si Christoph Blocher n’a, jusqu’ici, pas combattu plus offensivement l’initiative, répond-il, «c’est parce qu’on ne me l’a pas demandé». De même, le tribun zurichois rejette le reproche qui pourrait être fait à l’UDC de ne pas s’engager plus fermement contre Ecopop, notamment en rejoignant le comité interpartis préconisant le non. «Que devrions-nous faire de plus? Peut-être aurions-nous dû, comme vainqueurs du 9 février, prendre la tête du comité interpartis, cela aurait été plus crédible. Mais ce n’était pas possible à partir du moment où les autres partis font tout pour empêcher la mise en œuvre de l’initiative sur l’immigration.» Et d’avertir une nouvelle fois que l’UDC est prête à lancer une nouvelle initiative dite «d’application» si le gouvernement freine sur cet objet.