Christoph Blocher persiste. Il a été informé par plusieurs personnes des transactions de la famille Hildebrand. «Ce sont plusieurs informateurs, je ne connais pas leurs fonctions et je ne les ai jamais rencontrés. J’ai été moi-même informé de manière fiable le 3 décembre seulement par plusieurs avocats. Auparavant, ce n’était que des informations vagues et anonymes», a déclaré le conseiller national vendredi lors d’une conférence de presse tenue à Rorschach (SG), à proximité de Horn (TG) où les cadres UDC sont en retraite.

Dans un communiqué publié vendredi, la Banque Sarasin répète que l’informaticien mis à pied le 3 janvier est le seul parmi ses collaborateurs à avoir violé le secret bancaire. L’homme, qui réside en Thurgovie et qui a transmis ses informations à l’avocat thurgovien et membre de l’UDC Hermann Lei, fait l’objet d’une enquête pénale. Ce dernier n’a pas incité au vol des données bancaires, selon son avocat, Valentin Landmann.

Plainte de la Banque Sarasin

La Banque Sarasin précise encore qu’elle a également déposé plainte contre des tiers qui auraient pu inciter son ex-collaborateur à violer le secret bancaire et qui auraient reçu et exploité ces informations confidentielles. Les mailles du filet pourraient ainsi se resserrer autour du député au Grand Conseil Hermann Lei. Sarasin se réserve par ailleurs la possibilité de déposer une plainte civile pour dommages et intérêts et de saisir le Conseil suisse de la presse contre la Weltwoche.

Christoph Blocher, lors de sa conférence de presse, a déclaré ne pas craindre d’éventuelles poursuites judiciaires. Il a par ailleurs averti les avocats avec qui il a eu des contacts que si leurs informateurs avaient violé le secret bancaire, ils devraient être punis.

Christoph Blocher a tenu les mêmes propos que le soir précédent lors d’une interview accordée à la télévision locale TeleZüri. «Je ne donnerai aucune information sur la manière dont j’ai transmis ce que je savais au Conseil fédéral. J’ai assuré mes informateurs que je ne nommerai aucun nom.»

A la question de savoir ce que Christoph Blocher avait dans les mains pour convaincre la présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey, qu’il a rencontrée trois fois entre le 5 et le 15 décembre, le tribun joue sur les mots. «Je n’ai laissé aucun document au Conseil fédéral.» Ce qui n’exclut pas qu’il ait présenté quelque chose d’écrit. Le porte-parole du Conseil fédéral André Simonazzi a déclaré à l’ATS que Christoph Blocher avait montré à Micheline Calmy-Rey un document. C’était «une copie de mauvaise qualité», a-t-il ajouté, précisant qu’il s’agissait d’un extrait d’un document bancaire d’une banque non identifiée au nom de Philipp Hildebrand. Confronté avec cette version, le tribun d’Herrliberg s’est contenté de dire qu’il avait convenu avec Micheline Calmy-Rey de ne rien laisser filtrer de leurs entrevues. Il a laissé entendre clairement que les informations parues dans la presse dominicale alémanique le 1er janvier révélant son rôle devaient être basées sur des fuites provenant de proches de Philipp Hildebrand. «Tout à coup, ce n’était plus une affaire Hildebrand, mais une affaire Blocher», a-t-il déclaré indigné.