L’identité du nouveau président du conseil d’administration des Transports publics genevois (TPG) a été communiquée ce jeudi matin. Christophe Clivaz, actuel vice président, a été désigné par le Conseil d’Etat pour reprendre le poste que lui laissera son prédécesseur Anita Frei à la fin du mois. Cette dernière avait démissionné suite à une dégradation de ses relations avec le magistrat de tutelle, le démocrate-chrétien Luc Barthassat.

Les TPG ont essuyé des tempêtes ces quatre dernières années. Distributeurs peu efficients ou souvent en panne, modification profonde des lignes mettant en colère les usagers, grève du personnel liée à la baisse des tarifs de titres de transport souhaitée par les électeurs genevois, le nouveau président, administrateur des TPG depuis 2009, aura à ramener de la sérénité au sein de la régie publique.

Le Temps: Pourquoi un poste «ad interim»?

Christophe Clivaz: Il fallait réagir rapidement à la démission de l’ancienne présidente. Le magistrat et le Conseil d’Etat veulent aussi prendre leur temps avant de sceller leur choix.

-Vos relations avec le Conseil d’Etat et particulièrement le magistrat Luc Barthassat sont-elles meilleures qu’elles ne le furent avec Anita Frei, votre prédécesseur?

-Il existe un respect mutuel entre nous. Nous savons travailler en bonne intelligence. J’ai été nommé par l’ancien conseiller d’Etat Robert Cramer, puis reconduit respectivement par les magistrats Michèle Künzler et Luc Barthassat, je crois que cela indique aussi qu’ils m’ont accordé leur confiance.

-Avoir déjà les deux pieds dans la maison est-il un avantage à vos yeux?

-Certainement. Je connais bien cette entreprise pour avoir été président des commissions «finance-audit» et stratégique. J’ai dû notamment gérer la crise liée aux distributeurs de titres de transport. Enfin, on ne peut pas m’accuser d’avoir bénéficié d’affinités avec les magistrats.

-Vous dénonciez la politisation du projet de vélos en libre-service. Mais peut-il en être autrement lorsque l’on parle de politique de mobilité?

-S’il est vrai qu’en tant que régie publique, nous dépendons du pouvoir politique, la politique des transports, elle, ne doit pas être idéologique. Notre seul objectif doit être l’amélioration de la satisfaction des usagers. Nous devons penser notre mission comme étant tournée vers le bien des Genevois.

-Les électeurs genevois ont souhaité un abaissement tarifaire des titres de transport sans préciser s’ils voulaient une baisse de l’offre ou une augmentation de la subvention. Le directeur des TPG Denis Berdoz souhaite emprunter cette deuxième voie. Partagez-vous ce choix?

-Nous attendons des propositions de la direction générale. Pour l’heure, ce n’est pas à moi de vous répondre.

-Vous avez bien une opinion…

-Je le répète. J’attends de voir les propositions qui nous seront faites. Nous déciderons plus tard. Le rôle d’un conseil d’administration est stratégique, pas opérationnel. Par le passé, on a peut-être un peu trop mélangé les genres. Notre fonction est d’avoir une vision. Quel sera l’impact de l’entrée en fonction du CEVA sur notre réseau? Comment la population se déplacera dans vingt ans ? Voilà, par exemple, les questions que notre conseil d’administration aura à répondre. Le dynamisme et la compétitivité de Genève passent aussi par le développement des transports publics.

-Comment comptez-vous ramener un peu de sérénité au sein de l’entreprise et améliorer l’image de l’entreprise vis-à-vis des usagers?

-Il nous faudra être plus transparents. Comme dans n’importe quelle autre entreprise, nous pouvons rencontrer des problèmes. Mais il faut alors les expliquer à nos clients, qui d’ailleurs sont dans l’ensemble satisfaits de nos prestations.

-Ah?

-[Rires] Comme on dit à l’école: peut mieux faire. Nous nous y efforcerons.