Le Temps: Vous n’êtes pas premier. Est-ce que vous êtes déçu?

Christophe Darbellay: Pas du tout, je suis extrêmement satisfait. J’étais tacitement élu depuis pratiquement deux semaines. Il ne me fallait qu’une voix pour être élu et j’avais celle de ma maman. Je craignais une démobilisation qui n’a pas eu lieu. Notre trio de tête du premier tour a été élu de manière compacte et les écarts qui nous séparent sont insignifiants.

– Un libéral-radical vous accompagnera au gouvernement, comme vous l’avez souhaité. Est-ce que ce Frédéric Favre sera votre bon soldat?

– C’est déshonorer Frédéric Favre que de le traiter de bon soldat. Il a fait une excellente campagne. Je le connais depuis quelques mois maintenant. Je sais que c’est une personnalité capable de garder son calme dans la tempête. Il connaît très bien ses dossiers et il sait se faire une opinion très rapidement. Il ne sera donc pas un simple soldat, mais l’un des cinq capitaines.

– Il vous devra beaucoup…

«Le Temps» a titré l’autre jour «le gouvernement fantasmé de Christophe Darbellay». Aujourd’hui, ce n’est plus un fantasme, mais une réalité.

– Comment comprenez-vous l’échec d’Oskar Freysinger?

– Il paie pour sa politique extrêmement agressive. Ses erreurs monumentales lui ont coûté très cher. Il voulait diviser le canton et prendre la majorité avec une formation qui incarnait la droite la plus dure. Il n’a pas compris que le Valais recherche l’équilibre. Les électeurs l’ont prouvé aujourd’hui en élisant Frédéric Favre. C’est un événement inattendu qui prend des proportions historiques. Nous avons désormais un gouvernement capable de collaborer, de mener des réformes, et surtout de s’entendre. Les Valaisans ont voté pour l’apaisement.

– Durant la campagne vous nous avez vendu un Valais moderne et ouvert. Comment concrétiserez-vous cette belle intention?

– Nous allons désormais nous répartir les tâches, et notre gouvernement saura collaborer pour aller de l’avant. J’ai déjà promis de m’occuper de la formation et de l’économie. Je travaillerai à améliorer les conditions-cadres des entreprises pour créer des emplois. Grâce au nouveau site de l’EPFL, entre autres, nous ferons en sorte que les jeunes diplômés cessent de quitter le canton. Je changerai l’image du Valais.

– Est-ce que vous êtes conscient des attentes qui pèsent sur vous?

– Oui, je n’ai pas promis trois milliards mais je suis conscient qu’il y a des attentes colossales. Je travaillerai sans relâche à les satisfaire.

– Vous n’avez pas droit à l’erreur.

– Personne n’a le droit à l’erreur.


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