Politique

Christophe Darbellay a dit son dernier mot

Le PDC a élu Gerhard Pfister pour succéder au Valaisan. Remous pour compléter la présidence: malgré le retrait de Claude Béglé de la course, Raymond Loretan n'est pas élu

Christophe Darbellay a pris congé samedi à Winterthur des délégués du PDC. Il a remis la casquette de président au conseiller national zougois Gerhard Pfister, seul candidat à sa succession. Pas de discours politique pour cette dernière participation, mais une succession d'anecdotes et de souvenirs.

Gerhard Pfister ne fait pas l'unanimité au sein du parti. On lui reproche ses positions conservatrices, proches de l'UDC. Mais il a rassuré les différentes sensibilités, promis qu'il allait intensifier la culture du débat et écouter les critiques. Il a aussi assuré les délégués qu'il voulait un parti fort, qu'il défendrait les valeurs qui sont les siennes et dont la Suisse a besoin. La mission qu'il se donne: mettre le PDC sur les rails du succès. Il a ainsi été élu confortablement, avec 340 voix sur 360, et acclamé par les délégués.

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Le conseiller national valaisan Yannick Buttet a été élu à la vice-présidence, en remplacement du Fribourgeois Dominique de Buman. A l'époque, il n'était guère convaincu par la candidature de Gerhard Pfister à la tête du parti, craignant son manque de sensibilité pour les régions périphériques. «J'ai émis ces doutes au moment où les candidatures étaient encore ouvertes. Gerhard Pfister étant le seul à s'être déclaré intéressé, nous devons maintenant être unis, le soutenir, parler d'une seule voix et créer une vrai équipe dirigeante», déclare le Valaisan, qui entend néanmoins défendre les sensibilités romandes et des régions périphériques au sein de cette nouvelle présidence.

Raymond Loretan échoue

Outre le président, ses deux vice-présidents, en l'occurence Yannick Buttet et la lucernoise Ida Glanzmann, réélue à ce poste, ainsi que le chef du groupe parlementaire, Filippo Lombardi, la présidence est composée de sept autres membres.  Son renouvellement ne s'est pas fait sans mal puisqu'il y avait plus de candidats (10) que de places. Trois Romands étaient en lice: le nouveau conseiller national vaudois Claude Béglé, l'ancien secrétaire général du PDC suisse Raymond Loretan et la conseillère aux Etats jurassienne Anne Seydoux-Christe.

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Coup de théâtre, Claude Béglé a retiré sa candidature avant le vote, «le coeur lourd et par amitié pour Raymond Loretan», qui représente déjà l'arc lémanique, a-t-il déclaré. Malgré tout, le Genevois n'a pas été élu. Outre les sortants, les délégués lui ont préféré Tino Schneider (GR), représentant des Jeunes PDC. Présentée par les femmes PDC Suisse, Anne Seydoux-Christe était élue d'office afin de respecter le règlement qui stipule que pas moins de quatre membres de la présidence doivent appartenir au même sexe. 

Mots d'ordre

Les délégués du PDC ont également voté les mots d'ordre pour les prochaines votations. Ils ont refusé la proposition de la présidence de laisser la liberté de vote sur la loi sur la procréation médicalement assistée, le parti étant divisé sur la question, et recommandent de soutenir l'objet. Ils soutiennent aussi la réforme de l'asile et rejettent les autres objets, à savoir l'initiative «vaches à lait«, l'initiative pour le service public et l'initiative pour le revenu de base inconditionnel. 

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