Après le libéral-radical Fulvio Pelli, et sa énième attaque contre Eveline Widmer-Schlumpf et Doris Leuthard, c’est au tour du président du PDC, Christophe Darbellay, de lancer quelques piques à ses adversaires politiques. Dans une interview au Blick, le démocrate-chrétien valaisan critique vertement le conseiller fédéral PLR Johann Schneider-Ammann. En cause, sa gestion de la crise du franc fort. «Qu’il ne fasse rien pour régler le problème, tout le monde en est conscient. Mais qu’il dise aux consommateurs d’aller faire leurs courses à l’étranger constitue soit une grossière maladresse, soit une trahison!» s’emporte Christophe Darbellay.

En toile de fond de ces critiques, note un élu PDC, «il y a, encore et toujours, le renouvellement du Conseil fédéral du 14 décembre». Evénement dont l’enjeu, au lendemain des élections fédérales du 23 octobre, sera la réélection ou non d’Eveline Widmer-Schlumpf. Et, partant, le maintien, ou non, des deux sièges libéraux-radicaux au gouvernement. «Le centre étant très disputé, poursuit cet élu, cela explique la nervosité de Fulvio Pelli et Christophe Darbellay.»

Interrogé par Le Temps, Christophe Darbellay renvoie la responsabilité de ce climat sur le président du PLR: «Si vous faites le compte, les attaques de Fulvio Pelli sont beaucoup plus nombreuses. Il cherche à rassurer ses troupes et à donner des gages à l’UDC.»

L’inconnue de l’Assemblée fédérale

Ces critiques ont-elles une influence? Les observateurs sont sceptiques. Ce d’autant plus que le Conseil fédéral sera élu par l’Assemblée fédérale. «Christophe Darbellay souligne qu’il votera pour Eveline Widmer-Schlumpf, mais le groupe PDC n’a pas arrêté de décision, note l’un de ses membres. Il ne faut pas oublier que des poids lourds du parti ne se représentent plus aux élections, raison pour laquelle il est difficile de prédire ce que le futur groupe PDC, renouvelé d’un tiers, décidera.»

Du côté de l’entourage de Johann Schneider-Ammann, enfin, on reste de glace face à ces nouvelles critiques. Christophe Hans, le chef de l’information du Département fédéral de l’économie, insiste par ailleurs sur le fait que le libéral-radical bernois n’a jamais incité les Suisses à remplir leur caddie hors des frontières. «Les propos de Johann Schneider-Ammann, tenus à la télévision alémanique, ont été biaisés. S’il a montré une certaine compréhension envers les personnes qui font des achats à l’étranger, il a auparavant encouragé la population à dépenser en Suisse.»