Le PDC va revendiquer un deuxième siège au Conseil fédéral, a décidé aujourd’hui son groupe parlementaire. Le président du parti Christophe Darbellay a indiqué qu’il n’était pas candidat pour l’instant, sans toutefois fermer totalement la porte. Interview.

Le Temps: Pourquoi le PDC mériterait-il plus ce siège que le PLR?

Christophe Darbellay: Le PDC a créé un groupe parlementaire avec des partenaires - les Verts-libéraux et le Parti évangélique - pour s’emparer du leadership du centre sur l’échiquier politique. Si le PLR se considère toujours comme membre de ce grand centre droit, force est de constater que nous réunissons la majorité des parties qui le compose. La conclusion logique, c’est de participer avec un siège supplémentaire au gouvernement. Nous sommes le deuxième groupe de l’assemblée fédérale.

– La guerre des chiffres est déclarée. Votre groupe semble toutefois plus eclectique et susceptible d’éclater aux prochaines élections. N’est-ce pas le dernier moment pour prétendre à ce siège?

– Pas du tout. Je suis persuadé que le PDC pourra se renforcer. On peut philosopher longtemps sur qui est le plus grand, le plus fort, le plus performant. On pourrait très bien dire que les radicaux ont inventé une combine pour prolonger leur vie en fusionnant avec les libéraux. Des partenaires qui, à l’époque, étaient des concurrents presque héréditaires. C’est le moyen qu’a trouvé le PLR pour être, en proportion, plus fort que le PDC.

– C’est un Romand qui part. Le PLR a pour priorité de présenter un candidat latin. La tactique du PDC sera-t-elle identique?

– Pour l’instant, j’ai vu que le PLR présentait des candidats en provenance de Genève jusqu’à Rorschach, en passant par le Soto Ceneri. Pour notre part, la provenance est une des dimensions dans laquelle nous devrons explorer.

– Quels sont les figures de proue du PDC dans cette course?

– Le PDC ne manque pas de personnalités. Nous ne sommes pas encore dans la phase où l’on donne les noms et les chances des différents candidats. Il est plus important de dire que l’on va se battre pour obtenir ce deuxième siège au conseil fédéral.

– Plus qu’un latin, c’est un Valaisan qui quitte le Palais. Peut-on dire que le Valais va perdre son siège?

– Le Valais a toujours été très fier de compter un représentant au gouvernement. Maintenant, ce n’est pas un but absolu. Le Valais n’est ni Zurich ni Berne. Tout le monde a le droit de poser des revendications.

– Ne serez vous pas candidat?

– Je suis très heureux comme président de parti, comme conseiller national et comme père d’un petit bébé. Je dois me poser un certain nombre de questions. Aujourd’hui, celle de ma candidature n’est pas à l’ordre du jour.

– N’est-ce pas une tactique pour sortir du bois au dernier moment?

– Mon rôle principal consiste à mener le parti. Il faut savoir mettre les intérêts du pays et de sa formation avant ses intérêts personnels.

– Où comptez-vous trouver des alliances pour parvenir à vos fins?

– Le PS, en passant par les Verts et l’UDC, souhaite discuter avec nous. Nous avons déjà eu des discussions constructives. Pour Christian Levrat, Ueli Leuenberger et Toni Brunner, c’est un grand moment. Ils pourront jouer aux faiseurs de rois.

– Le Département de l’intérieur sera vacant intéresse-t-il le PDC?

– Ce département est sans doute l’un des deux plus gros bateaux du gouvernement. Tel quel, le PDC ne va pas tout faire pour en reprendre les rênes.