Malgré la propagation du variant Omicron, la rentrée scolaire aura bien lieu en présentiel dans les cantons romands ce lundi 10 janvier. Pour «concilier la reprise ordinaire des formations et la santé» de toutes et de tous, la Conférence intercantonale de l’instruction publique de la Suisse romande et du Tessin (ou CIIP) a communiqué ce jeudi 6 janvier de nouvelles mesures sanitaires à adopter dans les établissements scolaires. Parmi elles: le port du masque obligatoire dès la 5e année Harmos, le traçage des cas positifs au travers de tests ciblés ou répétitifs, selon le canton, et l’aération des locaux toutes les vingt minutes.

Des pratiques différentes

Décidées conjointement par les membres de la CIIP, après avoir été discutées avec les directeurs de la santé et médecins cantonaux, ces mesures «sont adaptées à la situation sanitaire» et sont le fruit d’une «pesée d’intérêts» pour permettre aux enfants d’aller à l’école, souligne Christophe Darbellay, vice-président de la CIIP. Le chef du Département de l’économie et de la formation du canton du Valais rappelle que «nous avons déjà pu constater cet automne que nous étions capables de maîtriser la situation en instaurant des mesures appropriées.»

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Cette rentrée, les mesures de protection annoncées comprennent l’obligation de porter un masque dès la 5H (5e Harmos). «Nous avons renoncé à cette mesure pour les plus petits, car nous savons désormais d’expérience que c’est difficile pour eux de porter un masque correctement toute la journée», pointe Christophe Darbellay. Seuls les cantons de Berne et du Tessin qui «répondent à des réalités régionales particulières, proposeront pour une durée déterminée, le port du masque dès la 3e Harmos.»

Le port du masque sera donc imposé dans les salles de classe et lieux communs des établissements pour les enfants concernés, mais aussi pour l’ensemble du corps enseignant et toute personne employée par les écoles.

Une autre priorité de la CIIP est d’assurer le suivi des chaînes de transmission. «Le traçage des cas positifs sera maintenu, voire renforcé, au sein des établissements scolaires [et] se fera au moyen de tests ciblés ou répétitifs», indique la CIIP. Sur cette question, les pratiques sont assez différentes d’un canton à l’autre. «Certains vont transmettre des autotests aux parents, d’autres vont mettre en place des tests pooling – soit mélanger plusieurs prélèvements», détaille le vice-président.

Un test à la rentrée dans le Jura

Il ajoute qu’il ne faut pas s’attendre à des tests préventifs de masse à l’échelle de tous les cantons. «Il y a actuellement une dizaine de milliers de cas positifs par jour en Suisse, l’accès aux tests ne peut donc plus être assuré. Seul le canton du Jura réalisera un test à la rentrée. En Valais, nous avons décidé de renoncer au test préventif que nous faisions au secondaire 1. En revanche, nous allons systématiquement tester l’ensemble des classes à partir de trois cas positifs pour les petits degrés, soit ceux qui ne portent pas le masque. Nous réaliserons des tests PCR individuels pour les petits degrés et nous recommanderons des autotests auprès de tous les degrés où on porte le masque.»

Si un élève est testé positif, il devra alors se mettre en isolement pendant dix jours. «Il aura accès à un système scolaire de dépannage, qui là encore diffère d’un canton à l’autre. En Valais, on lui transmettra ses devoirs et il bénéficiera d’un suivi, comme nous le faisons habituellement quand un élève est malade.» Si un membre du personnel enseignant est testé positif, il sera alors absent des salles de classe. «Les cantons organiseront les remplacements avec leurs réseaux de remplaçants, leurs HEP ou leurs Institutions du tertiaire.»

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Les mesures de protection habituelles et les gestes barrières, tels que la distanciation sociale, l’hygiène des mains ou la désinfection du mobilier, seront également maintenus dans les établissements. Sur ce point, la CIIP formule une «injonction particulière»: l’aération répétée des locaux toutes les 20 à 25 minutes. Est-elle assortie de la nécessité d’installer des capteurs de CO2 dans les classes? «Un système de capteur de CO2 est recommandé, mais n’est pas obligatoire, répond Christophe Darbellay. Des cantons les ont fournis à leurs établissements, certains pour toutes les classes, d’autres à une classe sur trois. La priorité ce n’est pas l’installation de ces dispositifs, mais bien la sensibilisation à une aération régulière pour que les microgoutelettes ne restent pas en suspension dans la pièce.»

Les parents d’élèves doivent-ils se préparer à un éventuel retour de l’école à distance? Si pour le vice-président «rien ne peut être exclu», ces mesures sanitaires ont été décidées pour éviter cette situation. «Nous allons tout faire pour ne pas en arriver là, dit-il. D'autant plus que nous estimons que sur le plan pédagogique, c’est la pire des choses qui soit».