Ayant activement contribué au développement des institutions et de la sécurité nationale, Christophe Keckeis a consacré toute sa vie professionnelle à la politique de sécurité et à l’armée. Il a été l’artisan clé de la modernisation de l’armée au travers du projet Armée XXI, mais aussi le chef de la campagne lors du référendum lié à l’acquisition du F/A-18, campagne magistralement réussie.

Né à Neuchâtel le 18 avril 1945, diplômé de l’Université de Lausanne en sciences politiques en 1976, Christophe Keckeis a fait une carrière militaire hors norme. En 1968, il devient pilote militaire de carrière à l’Escadrille d’Aviation 17 et est promu capitaine en 1974. Après avoir suivi les cours EMG en 1977, il sera nommé au début des années 1980 major puis colonel. Il sera successivement promu au grade de brigadier en qualité de chef d’état-major des Forces aériennes. En 2000, il est nommé divisionnaire avec la fonction de chef des opérations des Forces aériennes et remplaçant du commandant des Forces aériennes. Le 30 octobre 2002, Christophe Keckeis est, nommé par le Conseil fédéral, chef d’état-major général. Il devient, le 1er janvier 2004, le premier chef de l’armée avec le grade de commandant de corps, fonction qu’il a occupée jusqu’au 31 décembre 2007, date de son départ à la retraite.

Homme de terrain

Président du Centre de Genève pour le contrôle démocratique des forces armées (DCAF) de 2008 à 2015, Christophe Keckeis a hautement contribué au développement des institutions et de la sécurité de notre pays mais aussi sur le plan international.

Mais Christophe Keckeis était d’abord et avant tout un homme de terrain, un pilote hors pair. Le 24 mars 1977, Christophe Keckeis, alors deuxième pilote, a survécu à une collision entre deux Mirage III qui faisaient un vol en formation au-dessus de la base aérienne de Payerne.

Au-delà du chef militaire, du pilote, il y a l’homme. Avec son profil inimitable, sa carrure d’athlète, son regard perçant, son allure unique qui lui aurait permis de tourner aux côtés de Lino Ventura dans Les Grandes Gueules, film de Robert Enrico! Il aurait pu donner l’impression d’être un chef militaire au profil prussien. Or, il n’en est rien… Derrière cette allure, ce panache, se cachait un homme empreint d’humanité et de valeurs intemporelles pour tout officier digne de ce nom, telles que la loyauté, la crédibilité et la fidélité aux institutions.

Doté d’un esprit vif, d’une capacité conceptuelle hors norme, s’exprimant avec une rare clarté, il aura marqué de son empreinte notre armée de milice.

Serviteur de l’Etat

Et puis il y a l’homme, il y a Christophe… Ouvert sur les réalités du monde, toujours prompt à dialoguer avec toutes et tous quels que soient le thème ou le sujet. A cela s’ajoute une grande curiosité, doublée d’une culture hors norme!

A l’évidence, la Suisse a perdu un homme, un chef, un grand serviteur de l’Etat… et moi, j’ai perdu l’un de mes repères ayant guidé une partie de ma carrière de brigadier de milice. C’est très dur pour moi d’admettre de ne plus jamais croiser ce regard, d’entendre cette voix, de ne plus recevoir les conseils avisés de l’homme, de Christophe.

A son épouse et à ses enfants, j’apporte toute ma sympathie et mon réconfort dans ce moment douloureux.

Salut Pilo!