Suisse

Chute dramatique de Franziska Rochat-Moser dans les Préalpes

Vaud. Une corniche a cédé sous la championne, qui faisait une randonnée au-dessus de L'Etivaz. L'état de la victime est critique

La marathonienne Franziska Rochat-Moser a été victime mercredi après-midi d'un grave accident lors d'une course de montagne dans les Préalpes vaudoises. Au CHUV où elle a été héliportée par Air Glacier, elle était hier soir dans un état critique après avoir subi une intervention chirurgicale. A 36 ans, cette sportive qui s'est retirée l'année dernière de la compétition reste une des figures parmi les plus populaires de Suisse. Outre sa victoire au marathon de New York qu'elle avait gagné en 1997, le couple qu'elle forme avec le cuisinier Philippe Rochat n'y est pas pour rien: aux portes de Lausanne, tous deux animent le restaurant de l'Hôtel de Ville de Crissier que Freddy Girardet a rendu mondialement célèbre. Le drame s'est déroulé au sommet des crêtes qui surplombent au nord les Diablerets. Avec deux compagnons de 50 et 55 ans, Franziska Rochat-Moser a entrepris une course à peau de phoque très pratiquée qui part de L'Etivaz (1140 mètres d'altitude) pour monter jusqu'au col de Seron (2153 m). Là, les trois randonneurs ont enlevé leurs skis pour suivre une arrête et se rapprocher de La Para (2540 m), un sommet de cette petite chaîne des Préalpes. Dans des conditions satisfaisantes, cette ascension ne présente pas de difficultés particulières. Mais si l'arrête est relativement large, son versant nord donnant sur la combe rocheuse qui domine le vallon de L'Etivaz est vertigineux. Le drame s'est produit vers 14 h 30, alors que le groupe redescendait vers le col de Seron pour récupérer ses skis. A la suite de ses deux compagnons, Franziska Rochat-Moser s'est engagée sur une corniche de neige qui a cédé sous son poids. Elle a alors fait une chute de 500 à 700 mètres et s'est retrouvée ensevelie sous la coulée qu'elle avait provoquée.

Ses accompagnateurs étaient très bien équipés et disposaient d'une radio et de téléphones mobiles, pelles et sondes. Tandis que l'un alertait les secours, l'autre est parvenu à se rendre à ski jusqu'où se trouvait Franziska Rochat-Moser. Grâce aux DVA (système de détection de victimes d'avalanche) dont ils s'étaient munis, le sauveteur improvisé a pu dégager rapidement la malheureuse. Deux hélicoptères d'Air Glacier n'ont pas tardé à les repérer. Les conditions du drame ne sont pas encore exactement établies. Mais dans la région, c'est la stupeur. D'abord en raison de l'identité de la victime, mais aussi des circonstances. Aux Diablerets, un alpiniste aguerri ne comprend pas: «Aucun d'entre nous ne se lancerait dans une telle course actuellement. Car les conditions d'enneigement la rendent extrêmement dangereuse. Ne gelant pas la nuit, le manteau de neige est très mouvant. De plus les trois randonneurs sont arrivés dans la zone exposée en début d'après-midi, au plus mauvais moment.» Entre mardi et mercredi, quatre personnes sont décédées dans les Alpes suisses après avoir été emportées par des avalanches ou coulées.

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