Elections cantonales

La chute de la maison Barthassat

Il y a douze mois, personne n’aurait prédit une défaite aussi cinglante que celle subie par le ministre des Transports. Et puis, les choses ont dérapé…

Luc Barthassat n’aura fait qu’un seul mandat au gouvernement genevois. Elu en quatrième position le 10 novembre 2013, il a terminé huitième du second tour des élections cantonales. L’écart avec le septième, le socialiste Thierry Apothéloz, est important: plus de 9000 voix, selon un décompte provisoire, alors que 5800 suffrages les séparaient au premier tour. L’ancien conseiller national, qui cultive une image d’élu simple et direct, est tombé. Le biker sympa qui parle la même langue que les «vrais gens». Ce PDC des champs réputé ne jamais perdre une élection s’est pris un bouillon. Le conseiller d’Etat a réagi avec classe: «J’assume totalement. Je n’accuse personne. Maintenant, je vais aller de l’avant.»

Il y a un an, ce n’était pas lui, le PDC en danger. Bertrand Buchs, le président cantonal, ne le cache pas: «Au printemps 2017, j’étais plus inquiet pour la position de Serge Dal Busco.» Le ministre des Finances se débattait avec des dossiers techniques et ingrats. La réforme de la fiscalité des entreprises, refusée par le peuple suisse, celle de la caisse de pension des fonctionnaires, qui les a fait descendre dans la rue.

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Au final, Serge Dal Busco termine deuxième, Luc Barthassat n’est pas réélu. Que s’est-il passé? «Luc s’est enfermé dans les réseaux sociaux, lance Bertrand Buchs. Il n’a pas vu la réalité du terrain.» Et il n’avait personne, dans son entourage, pour le forcer à la voir. Sa personnalité, qui a fait conquérir un siège au PDC en 2013, l’a perdu cinq ans plus tard. Plusieurs moments ont marqué les esprits, défavorablement.

Durant une interview à la radio, le ministre des Transports a parlé comme un charretier à la conseillère nationale Lisa Mazzone. «Un conseiller d’Etat ne peut pas se comporter comme cela», reconnaît Bertrand Buchs. Dans un nouveau système de vote où le candidat prend le pas sur l’appartenance partisane, ces détails n’en sont plus.

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Enfin, il y a le bilan: le ministre a beaucoup tenté, mais peu concrétisé. Dans les bouchons, les électeurs s’en sont souvenus. «On paie également une majorité au Conseil d’Etat que l’on n’a pas bien utilisée, ne faisant passer aucun texte de droite», conclut le président.

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