Alors que le Conseil fédéral a déjà commandé environ 15 millions de doses de vaccins pour 2022 (réparties équitablement entre Moderna et Pfizer), les autorités cantonales peinent à convaincre leurs habitants de se faire administrer la troisième dose. Au total, seul 40% de la population suisse (et liechtensteinoise) a reçu le booster et le nombre d’injections ne cesse de diminuer.

Virginie Masserey, cheffe de la section Contrôle de l’infection de l’Office fédéral de la santé publique confirme cette baisse des administrations. «Nous constatons un déclin des doses injectées quotidiennement. Cela s’explique notamment par le nombre de personnes qui ont attrapé le variant Omicron ces dernières semaines et qui doivent donc attendre quatre mois avant de bénéficier d’une troisième piqûre.» A l’échelle nationale, les services de l’OFSP précisent que 70.04% de la population a reçu au moins une dose de vaccin.

Le Valais bon élève

Depuis le début de la campagne vaccinale, les cantons sont responsables de mettre en place leur propre stratégie. Parmi les bons élèves, le Valais a vacciné 81% des plus de 16 ans (44% ont reçu le booster) et 99% des plus de 80 ans. Les autorités constatent aussi un ralentissement massif. «La courbe tend à diminuer. Nous avons vacciné 1170 personnes la semaine dernière et nous n’enregistrons plus qu’une centaine de prises de rendez-vous par jour», commente le conseiller d’Etat en charge de la Santé Mathias Reynard.

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Dans le canton de Vaud, la tendance décroissante se fait aussi ressentir. Le 7 février, 1230 personnes ont reçu un booster contre seulement 673 une semaine plus tard, jour pour jour. «Le canton prévoit de passer à une stratégie de vaccination sur le modèle de la vaccination contre la grippe. La population pourra se rendre dans des pharmacies ou des centres régionaux, tels qu’Unisanté pour se faire vacciner. Il n’y aura plus de centres ouverts spécialement pour l’occasion, comme cela a été le cas de Beaulieu ou de Gland», précise Pierre-Yves Müller, président du comité de pilotage de la vaccination. La capacité passera en mars à 12 000 personnes contre 23 000 aujourd’hui.

À Genève aussi on n’échappe pas à l’épuisement des rendez-vous. La semaine du 6 au 12 février, 5’150 vaccinations (250 doses 1, 1’059 doses 2 et 3’841 booster) ont été comptabilisées. Pour cette semaine et la prochaine 3’000 personnes se sont inscrites pour une piqûre, soit 6000 au total.

Rendez-vous anecdotiques après février

Dans certaines régions, la tendance baissière se fait ressentir depuis plusieurs semaines. Le ministre jurassien de la Santé Jacques Gerber (PLR) évoque l’administration de 700 doses il y a deux semaines, 400 la semaine dernière et ne prédit pas plus de 250 injections pour la semaine en cours. «Quand le sentiment général est qu’on ne risque plus rien et qu’on sait que le certificat covid va disparaître, ça n’encourage pas les gens à se prémunir davantage contre le virus.» Le Jura prévoit de passer de trois centres de vaccination à un seul début mars.

Même son de cloche à Berne, comme en témoigne le directeur de la santé Pierre Alain Schnegg (UDC). «La demande a fortement chuté ces dernières semaines. On a des rendez-vous pris à très faible niveau jusqu’à la fin février, après on est dans l’anecdotique. Les centres de vaccination pop-up vont être fermés et les capacités de vaccination dans les hôpitaux vont être fortement réduites.»

Seul Genève reste un peu plus prudent, n’annonçant pas de restructurations pour tout de suite. «Le dispositif de vaccination reste opérationnel pour toute personne qui le souhaite et ce, dès l’âge de 5 ans. Selon l’évolution de la situation épidémiologique, ou de la demande, il sera amené à s’adapter aux besoins de la population», tempère le ministre MCG Mauro Poggia avant de rappeler l’utilité du fameux sérum. «La vaccination continue de donner accès au certificat COVID-19, valable pendant 270 jours pour des besoins essentiellement de déplacements internationaux.»

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Les représentants cantonaux contactés assurent qu’il n’est pas encore l’heure de parler de quatrième dose. L’OFSP ainsi que la Commission fédérale de la vaccination se réjouissent de «l’immunité excellente» obtenue grâce au rappel. Les deux entités restent toutefois vigilantes et surveillent de près l’arrivée potentielle d’un nouveau variant au début de l’automne prochain.