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Le CHUV bâtit pour se désengorger

Le centre hospitalier se dote d’un centre de chirurgie ambulatoire.Le site table sur 30% d’économies

La cité hospitalière lausannoise se dotera de nouvelles salles dédiées à la chirurgie ambulatoire. Le premier coup de pioche a été donné mercredi et la fin des travaux est prévue pour octobre 2013.

Situé à proximité du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), le nouveau bâtiment contiendra six salles, dont chacune pourra accueillir 1500 patients par année. A l’étage supérieur du bâtiment, des chambres et des studios seront mis en location pour le personnel du CHUV.

Le projet est le fruit d’une collaboration inédite des secteurs public et privé. Y participent MV Santé, un groupe privé spécialisé dans la chirurgie ambulatoire, la Fondation de l’hôpital orthopédique, propriétaire du terrain et, bien sûr, le CHUV.

Présenté comme une «démarche opportune et pragmatique» par Pierre-Yves Maillard, conseiller d’Etat responsable de la Santé publique, ce projet devrait profiter à tous.

Le bâtiment appartiendra à la fondation et sera loué à MV Santé, qui y installera son équipe spécialisée. Le CHUV, quant à lui, redirigera ses patients et ses chirurgiens vers le centre.

«Cette décentralisation permettra de désengorger les blocs opératoires actuels, qui pourront du coup se concentrer sur la chirurgie lourde. Les patients seront pris en charge plus rapidement. De ce fait, la capacité d’accueil en chirurgie ambulatoire augmentera», s’enthousiasme François Leyvraz, le directeur général du CHUV.

Il y voit aussi l’occasion de faire des économies: «Les opérations coûteront en moyenne 30% moins cher que dans la structure lourde, qui n’est pas prévue pour l’ambulatoire. Un système adapté et un personnel spécialement formé nous permettront d’être plus efficients et de contrôler les coûts.»

La Fondation de l’hôpital orthopédique profitera elle aussi de cette collaboration. «Les loyers versés par MV Santé et par le CHUV seront pour nous une source de revenu stable. Ainsi, nous pourrons financer la recherche en orthopédie», explique Jean-Noël Jaton, le président de la Fondation.

Un bémol apparaît toutefois au milieu de ce projet bien rodé: l’ambulatoire coûte cher aux assurances maladies. Ces opérations sont prises entièrement en charge par l’assurance du patient, ce qui n’est pas le cas du stationnaire (dont le canton rembourse 55% des frais).

«C’est en effet un problème qui va se poser à terme, concède Pierre-Yves Maillard. Un virage ambulatoire s’opère depuis vingt ans et les hôpitaux doivent suivre la tendance. Il faut maintenant trouver de nouvelles clés de financement.» La balance des coûts de la santé doit être à nouveau équilibrée entre l’Etat et les assurances maladie.

Avec l’évolution de la technique, la tendance dirigeant vers l’ambulatoire sera toujours plus forte. «Si l’Etat s’implique dans le financement, il voudra aussi en réguler l’évolution, car c’est un secteur majeur de l’explosion des coûts de la santé», explique le conseiller d’Etat. «Pour l’instant, on attend une entrée en matière de la Confédération. Ce débat est d’ampleur nationale et mérite d’être abordé rapidement», souligne-t-il.

Ce nouveau centre n’est-il pas une façon pour le CHUV d’éviter de se faire distancer par le privé dans le domaine ambulatoire? «Non, je ne crois pas, répond François Leyvraz. En collaborant à ce projet, nous n’avons aucune prétention commerciale. Il s’agit d’abord de suivre les évolutions de la médecine et de s’améliorer.»

«Un virage ambulatoire s’opère depuis vingt ans et les hôpitaux doivent suivre la tendance»

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