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Les CFF envisagent de bannir la fumée de toutes les gares fin 2018.
© Gaetan Bally / Keystone

Santé publique

La cigarette bientôt bannie des gares?

Les CFF envisagent d’interdire la fumée dans toutes les gares fin 2018. Une décision saluée par les milieux de la santé. La Suisse suivrait ainsi la tendance de ses voisins européens

Certains s’allument encore une dernière cigarette avant de monter dans le train. Un geste qui risque fort de disparaître. Dans un document publié mercredi par la NZZ, les CFF présentent un projet pilote qui vise à tester des zones non-fumeurs dans plusieurs gares. A Nyon, Bâle, et Zurich Stadelhofen, la fumée sera ainsi entièrement bannie. A Bellinzone, seuls les perrons seront accessibles aux fumeurs. Quant à Neuchâtel, des «lounges» élaborées en collaboration avec Swiss Cigarette devraient accueillir les usagers en manque de nicotine. Après cette phase test de douze mois, les CFF décideront d’interdire – ou non – la fumée dans l’ensemble des gares suisses.

«Cette phase test de zones sans fumée élargies débutera dans le courant de l’année 2018. En tout, 5 ou 6 gares devraient être concernées», précise le porte-parole des CFF, Frédéric Revaz. Le plan d’application et les zones précises soumises à l’interdiction restent néanmoins à définir.

Lire aussi: Le Tessin discutera de l’interdiction de fumer à l’extérieur

«Dénormaliser la fumée»

Les milieux de la santé voient d’un très bon œil cet effort visant à réduire la fumée passive. Pour autant, ils ne souhaitent pas jeter la pierre aux principaux concernés: les fumeurs. «On soutient la création de zones qui leur seront réservées. Il faudrait tout de même que ces espaces soient bien aérés et qu’ils soient placés à l’écart de la zone non-fumeurs», développe Elena Strozzi, de la Ligue pulmonaire suisse.

Selon cette dernière, cette initiative à l’avantage de «dénormaliser la fumée dans l’espace public». Quant à savoir si la réticence de certains fumeurs risque de mettre en péril le projet, elle rappelle qu’en 2005, la décision de bannir la fumée des trains avait «été finalement bien acceptée».

Lire aussi: Wagons fumeurs, dernières volutes

Liberté des fumeurs

Swiss Cigarette, qui regroupe plusieurs entreprises de tabac, souhaite au contraire que les fumeurs adultes conservent la possibilité de consommer des produits de tabac. «Les gares à l’air libre sont des espaces particulièrement appropriés», mentionne Thomas Meyer, le secrétaire général de Swiss Cigarette. Néanmoins, aucune précision n’a été donnée quant à la création de «lounges» fumeurs.

Le compromis du fumoir, Jean-Paul Humair, directeur du CIPRET (prévention tabac), n’y croit pas un instant: «c’est une aberration de santé publique car la fumée se répand autour, et n’empêche donc pas l’exposition passive à la fumée». Le médecin des HUG privilégie l’interdiction totale de fumer dans les lieux publics. Il explique que la majorité de la population soutient ce type de mesures, «y compris une grande partie des fumeurs, qui sont nombreux à vouloir se sevrer du tabac».

La Suisse sur les rails

En bannissant totalement la fumée des gares, la Suisse s’alignerait ainsi sur ses voisins européens: France, Italie, Autriche, Pays-Bas, Belgique et Espagne. Les CFF devront tout de même mettre en place un système pour faire respecter cette mesure. En 2005, alors que les wagons fumeurs disparaissaient, des amendes de 25 francs étaient infligées aux usagers récalcitrants.

A l’heure actuelle, les voyageurs qui allument une cigarette, un cigare, ou encore une e-cigarette en dehors des zones dédiées risquent un simple rappel à l’ordre du personnel de gare.

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