Alain Berset devra revoir sa copie. Le Parlement retourne en effet à l’expéditeur le projet de loi sur les produits du tabac. Il demande une version «allégée», qui écarte toutes restrictions en matière de publicité ou de parrainage. La future loi devra se concentrer sur quelques points: interdiction de vente aux mineurs, interdiction sélective de la publicité dirigée vers les jeunes, introduction de nouveaux produits comme le snus ou le liquide nicotiné pour les cigarettes électroniques. En prenant cette décision au lieu de se mettre lui-même au travail, le Parlement retarde les travaux d’au moins deux ans.

La gauche et une partie du PDC ont tenté en vain d’infléchir la droite. «Il s’agit d’un projet modéré. Seize cantons suisses interdisent déjà la publicité sur les produits du tabac», rappelle Marina Carobbio (PS/TI). Le conseiller fédéral Alain Berset insiste sur les enjeux: «La moitié des fumeurs commencent avant 18 ans. Chaque heure en Suisse, une personne meurt des conséquences de la consommation de tabac. La moitié des fumeurs souhaiterait ne pas fumer. Les effets du tabagisme coûtent chaque année 1,7 milliards de francs en frais médicaux. L’économie y perd quatre milliards de francs».

Rien à faire. La droite estime que la loi représente une atteinte à la liberté du marché. «L’Etat en fait trop», lance Bruno Pezzatti (PLR/ZG). Pour Raymond Clottu (UDC/NE), ce projet n’est rien de moins qu’une «intervention exagérée et inutile de l’Etat dans notre ordre juridique».