La réalisation du M2, le nouveau métro lausannois auquel les citoyens vaudois ont donné leur feu vert dimanche, doit s'étendre sur une période de quatre ans au total, selon l'état actuel de sa planification toutefois. Mais les Lausannois ont encore une année de répit avant que ce chantier ne commence à bouleverser leur paysage et leur quotidien. Le parcours étant pour l'essentiel souterrain, les nuisances se concentreront autour des points d'attaque du chantier, en particulier au centre-ville.

La mise en circulation est prévue pour le 15 décembre 2007. Mais, comme le précise Pierre Imhof, secrétaire général du Département des infrastructures (DINF), «il s'agit d'un objectif, pas d'un dogme. Après tout, nous construisons pour un siècle.» Survol des grandes étapes des travaux.

Dès maintenant. Les planificateurs de l'Etat vont remettre le projet à la direction des Transports publics lausannois, société constructrice qui prend désormais les choses en main et doit commencer par constituer l'équipe de projet. Il faut par ailleurs adjuger les travaux de génie civil (c'est déjà fait pour le matériel roulant et le système d'exploitation, attribués à Alstom). Des pourparlers vont être entamés avec les entreprises sorties premières de l'appel d'offres en vue de fixer le calendrier. Toute cette opération s'étendra sur le printemps prochain.

Automne 2003. Début des travaux préparatoires, installation des chantiers et poses des machines, phase qui s'étendra sur trois mois.

Fin 2003. Trois ans sont prévus pour la réalisation du gros œuvre, le percement des tunnels, la construction des tranchées, des ponts et des stations, entre Lausanne-Flon et Epalinges. Le chantier sera attaqué simultanément sur huit points: Place de l'Europe, Riponne, avenue du Tribunal-Fédéral, Ours, CHUV, La Sallaz, Vennes et Croisettes. Le chantier le plus délicat sera le passage sous la colline de molasse de la Cité. La présence d'eau est connue, il faudra par conséquent éviter les fuites et de modifier l'équilibre géologique. Le plus spectaculaire sera l'installation du pont Saint-Martin, situé sous le pont Bessières. Ce tracé suspendu de quelques mètres sera l'une des empreintes les plus fortes du M2 dans le paysage urbain. Les tunnels les plus longs sont ceux qui seront creusés sous l'autoroute à la hauteur de Vennes (337 m), sous la route de Berne (474 m) entre La Sallaz et le CHUV (507 m) et au Bugnon (467 m). Larges de 7,2 m (12 m pour une autoroute), ces tunnels nécessiteront l'évacuation de 344 000 m3 de terre et de roches, soit l'équivalent d'autant de camions.

Ces trois ans de travaux représenteront la phase la plus intense du chantier, surtout à partir du dernier trimestre 2005. Début des travaux sur la ligne existante Ouchy-Flon, jusqu'alors intouchée. Les travaux sur la «Ficelle» dureront pour leur part deux ans. Un système provisoire de transport sera maintenu en permanence entre la Gare et le Flon, mais le service entre la Gare et Ouchy sera supprimé. Le chantier du M2 représentera en moyenne 600 emplois, et ce pendant quatre ans, sur le terrain, dans les bureaux et les ateliers. La main-d'œuvre de chantier, relativement réduite, devant être fournie par des entreprises de la place, il n'est pas prévu de baraquements pour loger les ouvriers du métro M2.

Automne 2006. La pose des voies commencera, pour une période s'étendant jusqu'en mars 2007. Parallèlement, le second œuvre (revêtement, équipement) sera mené à bien dans les 14 stations.

Avril 2007. Début de six mois d'essais, avec véhicules, simultanément à la fin des travaux. Ce calendrier pourra-t-il être tenu? Selon les promoteurs du M2, d'éventuelles mauvaises surprises géologiques représentent à cet égard un risque moins grand que les retards accumulés de la part d'entreprises intervenant successivement sur le chantier.