«Un bilan politique de gauche à Fribourg? Je peux dire qu’il n’y en a pas!» Membre de l’exécutif communal de la cité des Zaehringen, la socialiste Marie-Thérèse Maradan Ledergerber est sévère au moment de dresser le bilan de la législature 2006-2011. A moins de quatre semaines des élections de mars, le Conseil communal a présenté jeudi devant les médias l’analyse de son action pour les cinq dernières années. Résultat: des investissements qui se font désirer à cause d’une «rigueur financière la plus stricte possible», selon les mots du syndic socialiste, Pierre-Alain Clément.

En 2006, la gauche prenait la majorité en ville de Fribourg, en évinçant les libéraux-radicaux de l’exécutif communal. Sur les cinq sièges du Conseil communal, le Parti socialiste en détient deux, le Parti chrétien-social un et le Parti démocrate-chrétien deux. Depuis, l’exécutif a avant tout concentré ses efforts sur la diminution de la dette – passée de 217 millions de francs en 2006 à 169 millions en 2010 – et sur l’établissement de comptes annuels positifs.

«Cet équilibre est l’œuvre du Conseil communal, alors que d’autres nous ont mis des bâtons dans les roues», estime la chrétienne-sociale Madeleine Genoud-Page, en référence aux reports des charges fédérales et aux baisses fiscales décidées par le canton. Une politique qui entraîne certains «regrets» et «beaucoup de renoncements» chez les cinq conseillers communaux.

Crèches et écoles à améliorer

En premier lieu, Fribourg n’a pas encore instauré la deuxième année d’école enfantine. Ensuite, les crèches et l’accueil extrascolaire des enfants restent à améliorer. Le nombre d’employés communaux n’a pas particulièrement augmenté. De leur côté, les bâtiments et les routes ont dû se contenter du «strict minimum». Enfin, le projet «Fusion 2016», qui regroupait six communes de la région, a volé en éclats en décembre.

Mais, d’un autre côté, l’exécutif relève des éléments positifs. Malgré l’échec de «Fusion 2016», les relations avec les communes voisines se sont améliorées. «En outre, la charge fiscale a été abaissée pour les citoyens, malgré des conditions difficiles, sans que cela diminue les rentrées fiscales», souligne Pierre-Alain Clément.

Manque de «leadership»

De plus, le plan d’aménagement local est en marche, idem pour le plan directeur de l’agglomération, qui regroupe dix communes et doit être soumis à la Confédération en 2012. Le site sportif de Saint-Léonard est en construction, de même que la salle de spectacles «Equilibre». Des éléments qui ont été mis sur pied pour une grande partie en collaboration avec les communes voisines de Fribourg, voire avec le canton.

«Le Conseil communal manque de leadership, ses membres n’anticipent rien, tant au niveau de la Ville que de la région», estime pour sa part Antoinette de Weck. Membre libéral-radical du Conseil général (parlement), députée au Grand Conseil et présidente du Conseil de la magistrature, elle est le fer de lance des opposants à la majorité de gauche. «L’exécutif a clairement fait preuve de défaut de priorités: quand on a des écoles à mettre en place, on ne construit pas une salle de spectacles, la salle Equilibre, dont le coût final est déjà supérieur à 45 millions de francs.»