La fête battait son plein dimanche après-midi. Entre Yverdon et Estavayer-le-Lac, des dizaines de milliers de personnes étaient venues gambader sur le nouveau tronçon de l'autoroute A1, ouvert spécialement au public pour son inauguration (Le Temps d'hier). Ce qui ne devait être qu'un moment de détente faillit pourtant tourner au drame. Vers 16 heures, des détonations retentissent entre les tunnels d'Arrissoules et des Bruyères. Cinq cocktails Molotov viennent d'exploser sur la chaussée. Les faits se sont déroulés sur la voie qui mène à Yverdon, située côté Jura, mais en territoire fribourgeois. Les engins ont été lancés par plusieurs inconnus, vêtus de treillis militaires et cagoulés. Par bonheur, les explosions n'ont fait ni victimes, ni dégâts aux installations. Avertie par un témoin, la police est immédiatement intervenue pour tenter d'intercepter les auteurs du forfait. En vain.

A la préfecture de la Broye, Jean-Luc Baechler calme le jeu, mais reste déterminé à débusquer les coupables: «Heureusement que les projectiles ont été lancés sur la voie qui n'était pas utilisée par les navettes. On a évité le pire. Malgré l'absence de dommages et de victimes, nous sommes résolus à mettre tout en œuvre pour trouver les auteurs de ce geste inadmissible.» Une enquête, conduite par la police fribourgeoise, a été ouverte et des mesures pour améliorer la sécurité vont être prises. «Il est sûr que les événements qui s'étaient déroulés sur la ceinture lausannoise sont encore dans toutes les mémoires, explique Jean-Luc Baechler. Nous allons analyser la situation et éventuellement améliorer la sécurité pour éviter que ce genre de geste ne se reproduise.»

Les motivations de cet acte, Jean-Luc Baechler peine à les expliquer: «Nous espérons qu'il s'agit là d'un canular de fort mauvais goût et d'un événement isolé. Un simple acte de protestation.» Aucune menace ou signe avant-coureur n'avait permis aux autorités staviacoises de supposer une telle attaque. Il n'en va pas de même à la préfecture d'Yverdon, où Pierrette Roulet-Grin révèle que «des inscriptions anti-automobilistes, réalisés pendant les travaux, ont été découvertes dans certains tunnels du nouveau tronçon. Malgré tout, il est difficile d'affirmer, à l'heure actuelle, qu'il existe un lien entre les deux affaires. D'ailleurs, aucune autre menace sur l'autoroute n'a été enregistrée jusqu'à présent.»