Même si l'élection n'interviendra que le 9 avril 2006, les partis politiques bernois sont déjà en ébullition: ils auront défini leurs stratégies électorales et désigné leurs candidats au Conseil d'Etat avant la fin de l'année. Les départs confirmés de quatre des sept ministres (les radicaux Dora Andres et Mario Annoni, l'agrarienne Elisabeth Zölch et le socialiste Samuel Bhend) renforcent la fébrilité ambiante. En particulier dans le Jura bernois, minorité francophone de 5,3%, auquel la Constitution garantit un siège au gouvernement.

Cinq partis briguent le poste, mais tous ne pourront pas être dans la course. Les formations du Jura bernois doivent d'abord convaincre les états-majors des partis cantonaux de leur faire de la place sur leurs listes. Les socialistes y sont parvenus: Philippe Perrenoud est assuré d'obtenir l'investiture le 12 décembre. Les radicaux entendent conserver dans leurs rangs l'élu francophone, un bon moyen pour eux de défendre leurs deux représentants à l'exécutif. Deux candidats sont en course: la favorite Béatrice Devaux Stilli et le maire de Reconvilier, Flavio Torti. Lors d'une primaire interne au PRD du Jura bernois, Flavio Torti a précédé la députée d'Orvin. Le Parti radical bernois devrait toutefois préférer Béatrice Devaux Stilli. La mathématique électorale devrait ensuite lui être favorable, et elle devrait succéder à Mario Annoni.

Surtout que l'UDC bernoise n'est guère disposée à offrir l'un de ses trois fauteuils à un Jurassien bernois. Déjà qu'elle accorde une place à un francophone au Conseil national (à Walter Schmied)! L'UDC en débattra le 12 novembre. Au cas où elle ferait montre d'ouverture, trois prétendants du Jura bernois sont annoncés: Walter Schmied, Fred-Henri Schnegg et Jean-Pierre Graber. Ils ont peu de chance de figurer sur le ticket bourgeois au Conseil d'Etat.

Le Parti évangéliste a déjà désigné son candidat, l'actuel secrétaire du Conseil régional, Patrick Gsteiger. Reste le camp autonomiste, qui arrêtera sa stratégie le 22 octobre. Il devrait présenter un candidat au gouvernement, vraisemblablement le maire de Moutier, Maxime Zuber.