Les cinq pays germanophones veulent renforcer leur collaboration

Le bâtiment zurichois était fermé pour l’occasion. Aucun requérant d’asile n’était admis vendredi matin dans le centre pilote, où sont testées les procédures accélérées. A leur place, un important dispositif de sécurité et une délégation prestigieuse. Les ministres de l’Intérieur d’Allemagne, d’Autriche, du Liechtenstein et du Luxembourg étaient invités par la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga pour une visite des installations ouvertes en début d’année. La spécificité de ce centre: les dossiers des requérants sont traités en 140 jours maximum, avec l’appui d’un personnel renforcé. «Le bilan intermédiaire est positif», a rappelé Simonetta Sommaruga. Seuls 25% des demandes ont nécessité une procédure plus longue. «Nous voyons qu’il est possible de raccourcir les délais tout en assurant une protection ­juridique», a souligné la cheffe du Département fédéral de justice et police.

La visite était précédée jeudi par une réunion au sommet: les cinq ministres se sont retrouvés à Zurich pour discuter migration et sécurité. Devant la presse vendredi, ils ont affiché leur volonté commune de renforcer le système Dublin. Alors que l’Italie est accusée de ne pas enregistrer systématiquement les requérants d’asile qui arrivent sur ses terres, les ministres ont demandé que «les pays signataires respectent leur engagement». «Nous sommes prêts à les soutenir dans cette tâche, a rappelé Simonetta Sommaruga. Nous voulons également augmenter l’aide directe aux Etats tiers, dans les zones de crise, confrontés à un afflux massif de réfugiés.»

Les conséquences de la votation du 9 février sur l’immigration de masse étaient aussi au cœur de ces discussions multilatérales. Thomas de Maizière, ministre allemand de l’Intérieur, a insisté sur l’esprit d’amitié qui régnait entre la Suisse et l’Allemagne. Il a rappelé que la «discussion n’était pas fermée» et qu’il fallait continuer à chercher des solutions.

Les échanges entre les cinq ministres ont également porté sur la menace des combattants de retour du djihad. «Nous avons besoin d’un meilleur échange d’informations entre nos pays», a souligné Thomas de Maizière. Les cinq ministres ont insisté sur le besoin d’intervenir sur Internet, facteur clé de la radicalisation des jeunes .