Réunis samedi aux Geneveys-sur-Coffrane, les socialistes neuchâtelois ont tranché: ils présenteront une liste à cinq pour l'élection au Conseil d'Etat le 10 avril prochain. L'option d'une liste de la gauche plurielle ayant été abandonnée avant même le congrès (LT du 05.11.2004), la seule incertitude concernait le nombre de candidats que le parti inscrirait sur sa liste.

Accourus en nombre dans le Val-de-Ruz, les militants ont retenu la stratégie d'un ticket à cinq comprenant le sortant Bernard Soguel, Odile Duvoisin, Diane Reinhard, Jean Studer et Didier Berberat. Une majorité nette pour une décision attendue: en soutenant en bloc tous ses «cinq candidats à la candidature», le PSN a évité de trancher dans le vif, laissant au peuple la responsabilité de le faire à sa place.

«Meilleure stratégie possible»

La section du Val-de-Ruz – soutenue par les jeunes socialistes et quelques femmes – a vainement tenté de défendre l'option d'un ticket à trois, jugée «moins dangereuse» pour son représentant Bernard Soguel. «Trois membres du Conseil d'Etat se retirent au terme de la législature. Pour assurer la continuité, notre responsabilité est de soutenir notre sortant», a plaidé Frédéric Cuche. Pour le député du Pâquier, la liste à trois aurait en outre permis «de faire des choix» et d'éviter «les déchirements» avant le second tour.

«Meilleure stratégie possible» selon le comité directeur du PS, la liste à cinq offre une bonne représentativité féminine et régionale. Elle devrait aussi permettre de mobiliser au maximum l'électorat socialiste au premier tour. «Avec la multiplication des listes, on va vers un ballottage général, considère Jean-Nath Karakash, président du PSN. On fera nos choix en vue du second tour en connaissant le résultat de l'élection au Grand Conseil.»

Pour les responsables du PSN, une majorité de gauche au Conseil d'Etat constituerait une victoire importante. Mais elle ne serait qu'incomplète si elle ne devait pas s'accompagner d'une majorité au parlement. Dans cette quête, où les chances de succès sont plus ténues, le PS mise beaucoup sur ses chefs de file dans les districts «pour tirer» ses listes. La liste à cinq participe à cette stratégie. Moins connues que leurs collègues masculins, ne possédant que peu de chances d'être élues, Odile Duvoisin et Diane Reinhard seront en effet candidates sur les deux tableaux.

Le Parti socialiste présentera 128 candidats au Grand Conseil. Un record. Comme d'habitude, l'apparentement avec les petits partis de gauche a été plébiscité. Selon Jean-Nath Karakash, cela doit permettre à la gauche de réussir son pari. «Pour le socialisme et pour l'avenir du canton.»