Choisir les juges susceptibles de statuer sur leur sort, voilà une prérogative qui pourrait tenter les Genevois. Candidat MCG, Patrick Dimier, 58 ans, l'a bien compris. «Il faut en finir avec le système des élections tacites par le Grand Conseil. C'est le peuple qui doit se prononcer», martèle-t-il. En cause, «les accords que les partis passent entre eux pour assurer la désignation de magistrats de leur couleur politique».

Si l'on veut une justice «sereine», elle doit être indépendante des partis. «Ils ne doivent pas avoir droit de cité dans l'élection des magistrats», selon Patrick Dimier. Car pour le candidat, outre les arrangements partisans en coulisses, l'aptitude des juges à dépasser leur orientation politique relève de l'illusion. «Quelle que soit son étiquette, le magistrat se prononcera en fonction d'elle», lâche-t-il. Ainsi, non seulement les candidats doivent être désignés par le peuple, mais ils sont en plus tenus de renoncer à toute appartenance partisane: «Seules leurs compétences professionnelles doivent être prises en compte.»

Autre cheval de bataille de l'avocat, «les rentes à vie» dont disposent les juges. «Il est temps d'y mettre un terme. Quand quelqu'un est incompétent, il faut pourvoir le révoquer», insiste-t-il. Et sur ce point, il espère trouver des soutiens du côté du PS.

Fervent défenseur de l'élection par le peuple du procureur général, en vertu de la légitimité qu'elle confère à celui qui «incarne à lui seul le pouvoir judiciaire à Genève», Patrick Dimier aura à affronter ceux qui militent pour un changement de système. Ultra-politisée et marquée par une campagne virulente, la dernière élection survenue en avril dernier en a convaincu plus d'un qu'il convenait de mettre un terme à l'exception genevoise (partagée avec Glaris) de la désignation du procureur par le peuple. Pour la confier au parlement, ou à un collège de grands électeurs. Concernant le mode d'élection des magistrats, les tenants du statu quo ne manqueront pas, faisant valoir qu'il assure une représentation des forces politiques calquée sur celles du Grand Conseil.