Santé

Clamer son envie de fumer sur Facebook, pour arrêter

En Valais, 900 volontaires se sont annoncés au Centre d’information pour la prévention du tabagisme. Celui-ci mise sur Facebook pour motiver ceux qui rêvent de dire adieu à la cigarette: conseils en ligne et effet de groupe auraient leur efficacité

«Milo encourage sa maman, Estelle, à arrêter de fumer.» L’un des déjà nombreux messages sur la page Facebook du Cipret Valais. Le Centre d’information pour la prévention du tabagisme a bien préparé son coup, en distillant appâts et informations depuis le début de l’été. Ce mardi, il a lancé sa campagne en faveur de l’adieu à la cigarette, en s’appuyant sur la capacité de Facebook à fédérer les volontés. Et les renforcer.

Plus de 900 personnes ont déclaré leur intention d’arrêter dès le 7 septembre. Les responsables du Cipret disent leur surprise face à ce chiffre.

L’option du réseau social a été choisie pour cibler les jeunes. Le Cipret espère un taux de réussite de 30 à 50% dans six mois, a déclaré mardi son responsable Alexandre Dubuis lors d’une conférence de presse à Sion.

En groupe, beaucoup plus de réussites

Le taux de réussite des tentatives individuelles d’arrêt de la cigarette se chiffre à 5%. En groupe, il se situe à 30%.

Le choix du réseau social mise aussi sur l’intérêt de jouer sur l’effet de groupe. Les personnes qui se sont annoncées n’ont pas pu se contenter de cocher la case «aimer la page», il y aurait alors eu 1800 intéressés. Les 900 fumeurs se sont réellement inscrits via un formulaire.

Facebook implique aussi une contrainte de taille: l’exposition. Chacun y admet ouvertement sa dépendance. Avec le tabac, c’est un atout, estime Roland Savioz, créateur de la campagne. Contrairement à l’alcool ou à d’autres drogues, le tabac est socialement acceptable, il n’est donc pas difficile d’exposer son addiction.

Deux tiers de femmes

Ces 900 individus sont pour deux tiers des femmes, pour un tiers des hommes. La plupart ont entre 25 et 34 ans, exactement le public ciblé, précise Roland Savioz. Ils sont connectés sur le réseau social à pratiquement toute heure. Il y a en permanence au moins 100 personnes connectées sur la page.

Jusqu’au 7 septembre, date à laquelle ces fumeurs se sont engagés à arrêter, ils ne seront pas seuls. D’une part les discussions sont engagées sur la page. Et une grande solidarité se manifeste envers celles et ceux qui avouent leurs craintes, leurs doutes.

Le Cipret est déjà actif avec des conseils. Dès le 7 septembre, ils deviendront plus répétitifs. Ces conseils s’adressent bien entendu à tout le monde, mais les responsables de cette campagne donneront aussi des conseils individuels.

Certaines étapes sont déjà balisées. Les premiers jours sont les plus difficiles. Il est donc important de bien soutenir les fumeurs qui arrêtent, explique Alexandre Dubuis. Il y aura des conseils mais aussi des rappels des motivations de chacun ou encore la mise en évidence des gains pour la santé.

Trois premières semaines décisives

Il est important de tenir le coup durant les trois premières semaines. Après cette période, le ressenti de la dépendance physique s’estompe.

Les responsables de la campagne veulent aussi créer un nouveau réflexe. Au lieu de s’emparer d’un paquet de cigarettes lorsque l’envie se fait trop forte, prendre son smartphone et annoncer son envie sur Facebook. Cela déclenchera immédiatement des réponses d’autres participants sous forme d’encouragements à ne pas céder à cette envie qui ne dure pas plus de trois minutes. Cette solidarité sera la principale aide immédiate, estime Roland Savioz.

L’opération ne concerne que le Valais, surtout faute de moyens humains pour la mener à une échelle plus grande. Ramené à l’échelle nationale, le nombre de participants serait de 32 000, précise Roland Savioz. Avec six personnes pour gérer cette campagne, il est difficile de fournir des conseils plus personnalisés.

Publicité