Attendu par les uns comme le messie, décrié par les autres, tenu en mépris par les troisièmes, le fameux classement mondial des universités et des instituts d’enseignement supérieur de l’université Jiatong de Shanghai est tombé en cette fin de semaine.

En la matière et pour commencer par nos deux écoles polytechniques, les Zurichois sabreront le champagne puisque l’EPFZdécroche la vingtième place. Soit dit en passant, un rang remarquable puisqu’aussi bien seules trois instituts européens arrivent à se placer dans les vingt premiers: Cambridge (5e rang), Oxford (10e rang) , University College de Londres (18e) et l’EPFZ, précisément, en vingtième place.

Quant à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), elle devra sècher ses larmes puisqu’elle sort du Top 100 (elle était 96e l’année passée) pour atterrir dans la section suivante: celles des institutions classées de la 101e à la 150e place (le classement ne donne plus que ce détail). Depuis la première parution de cet article, un lecteur courroucé nous fait remarquer que l’EPFL, dans le classement spécifique concernant l’ingénierie, les technologies et les sciences numériques se classe quatorzième mondiale devant Harvard et Princeton. Il a entièrement raison. Nous ajoutons: et premier suisse, devant l’EPFZ.

C’est d’ailleurs toute la beauté des multiples entrées du classement ARWU qui permet à chaque institut de se consoler sur l’une ou l’autre catégorie, l’un ou l’autre critère. Et c’est la preuve qu’il passionne!

Les Universités de Zurich, Genève et Bâle progressent

Au chapitres des universités proprement dites, Zurich progresse de deux places à la 54e. Genève de huit places, à la 58e, Bâle de trois places, à la 87e. Berne se situe entre la 150e et la 200e place. Et Lausanne entre la 200e et la 250e place.

Le classement suisse

Bref, pour les Chinois, les sept insituts universitaires suisses sont, dans l’ordre: L’EPFZ (1), l’université de Zurich (2), l’Université de Genève (3), l’Université de Bâle (4), l’EPFL (5), l’Université de Berne (6) et l’Université de Lausanne (7). Par ailleurs la Suisse place une institution dans le top 20, quatre dans le top 100, six dans le top 200 et sept dans le top 300, ce qui confirme son excellence.

Les Américains en tête

Comme à l’habitude, les institutions américaines arrachent les premières place, avec huit des leurs dans les dix premières, seize si l’on prend les vingt premières. Et c’est Harvard qui remporte la timbale.

Des critiques cinglantes

A peine connu le classement dans le monde, les grincements de dent ne se sont pas fait attendre. En France, Le Monde ouvre son article, signé Benoît Floc’h ainsi: « La treizième livraison du classement de Shanghai a été publiée samedi 15 août, mais qui s’en soucie encore ? ». Il faut dire que la France ne pointe sa première université qu’à la 36e place du classement mondial.

Et Benoît Floc’h d’enfoncer le clou bien profond: «L’effet de sidération du palmarès de Shanghai, établi par l’université Jiao Tong, s’est émoussé. La première édition, si décevante pour la France, avait fait le bruit d’un coup de tonnerre au cœur de l’été. Aujourd’hui, les universitaires français savent bien qu’ils n’ont rien à attendre de cet outil taillé sur mesure pour les Anglo-Saxons. Dans la quinzaine de classements apparus depuis douze ans, ce sont toujours les vingt mêmes qui caracolent en tête : Harvard, Stanford, Massachusetts Institute of Technology, Berkeley, etc».

Les critères du classement

Les critères de Shanghai, connus sous le nom de code Academic Ranking of World Universities (ARWU), font polémique? Quels sont-ils au juste? Le site du classement détaille longuement sa méthodologie ainsi que les critères du classement. On en décompte six. Le nombre de prix Nobel et de médailles Fields des anciens élèves (pondération 10%); celui des chercheurs (20%); le nombre des chercheurs les plus cités dans leur discipline (20%); le nombre d’articles publiés dans les revues Science et Nature (20%); le nombre d’articles indexés dans Science Citation Index et Arts & Humanities Citation Index (20%); et enfin la performance académique, obtenue par un ratio entre les cinq critères précédents divisés par le nombre de chercheurs en équivalent plein temps des institutions (10%). Enfin des correctifs dans la pondération sont portés, spécialement pour le critère des sciences de la nature, afin de ne pas pénaliser ceux et celles des institutions qui n’entrent pas dans cette catégorie.