Élections cantonales

Ces classements qui profilent les candidats genevois

En ces temps électoraux, certaines associations assaillent les candidats de sollicitations. Ecologie, questions LGBT, cause canine: les aspirants se sont prêtés à toutes sortes de questionnaires

Brigitte et Ana, côte à côte, regardent l’objectif. Ana sourit, Brigitte tire la langue. Brigitte est le bouledogue anglais de la candidate MCG au Conseil d’Etat de Genève, Ana Roch. Elle a posé, avec d’autres candidats et leurs animaux de compagnie, pour le Mouvement de défense des propriétaires de chiens.

Les élections cantonales approchent (15 avril et 6 mai) et la campagne bat son plein. Des associations soumettent aux candidats des questionnaires afin de connaître leurs positions sur les enjeux qui leur sont chers. La démarche fera-t-elle la différence dans les urnes?

Pour Ana Roch, les questionnaires peuvent surtout convaincre les indécis, «les gens attachés à une association mais qui ne savent pas pour qui voter». Elle s’est appliquée à remplir le maximum de questionnaires, «plus d’une vingtaine», puisque «les personnes peuvent tomber sur nos réponses et être d’accord. En campagne, il est difficile d’approfondir tous les sujets, donc ces questionnaires peuvent aussi pallier ce manque de visibilité sur certains thèmes», affirme-t-elle.

Faible participation du PLR

Côté écologie, les associations ProNatura, WWF et ATE (Association transports et environnement) se sont associées pour proposer aux candidats genevois un sondage de 20 questions traitant de la nature, de l’énergie, de l’alimentation ou encore de l’éducation. Dix-sept des 31 candidats au Conseil d’Etat ont répondu au questionnaire, dont tous les candidats sortants sauf Mauro Poggia (MCG). Le socialiste Thierry Apothéloz arrive en première place, suivi de près par le Vert Antonio Hodgers. Les plus mauvais élèves sont Pierre Maudet et son colistier PLR Alexandre de Senarclens.

Au niveau du Grand Conseil, la participation a été plus faible, seulement 25,5% des candidats ayant passé le test. Les meilleurs résultats sont observés pour Ensemble à gauche, suivis des Verts puis des socialistes. Les moins bien notés sont les partis de droite, le PLR tenant la place de dernier du classement. Les associations déplorent la faible participation de la droite.

Pour Thierry Apothéloz, candidat PS au Conseil d’Etat, «ces questionnaires représentent les idées de la société civile et sont complémentaires aux campagnes. Les partis ont leur doxa, mais les classements apportent des réponses individuelles sur des sujets qui leur tiennent à cœur, par exemple les animaux ou la cause LGBT, et, si l’on regarde dans les détails, on peut avoir des surprises dans les réponses», ajoute-t-il, amusé.

L’UDC boude le test LGBT

La Fédération genevoise des associations LGBT a en effet proposé son test. Les questions étaient centrées notamment sur les problématiques de prévention et de lutte contre les discriminations LGBT. 197 candidats ont répondu, le PS (66% de répondants), les Verts (65%), la Liste femmes (63%) et Ensemble à gauche (31%) sont les partis les plus favorables aux mesures proposées par la faîtière. A noter qu’aucun candidat UDC n’a répondu à ce questionnaire.

Ces sondages sont sans surprises. Au sommet des classements, on retrouve généralement les partis aux idées les plus proches de l’association. Quel intérêt revêtent-ils pour leurs responsables? Delphine Roux, coordinatrice de la Fédération genevoise des associations LGBT, explique que «ces questionnaires sont une manière de sensibiliser les politiques aux préoccupations actuelles de la communauté LGBT. Ils permettent aussi de montrer les engagements personnels des candidats, on voit d’ailleurs des évolutions par rapport aux classements de la dernière législature, les candidats étant globalement plus favorables aux questions LGBT qu’avant», conclut-elle.

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