Tronc commun ou système des sections? Depuis quelques semaines, les Genevois voient proliférer les débats sur l'objet de la votation du 4 mars. Les enseignants semblent en majorité en faveur des classes dites hétérogènes au 7e degré du Cycle d'orientation. La plupart des associations de maîtres se sont d'ailleurs prononcées en faveur de cette innovation. Les enseignants réfractaires sont, il est vrai, plus discrets. Sur le plan politique, les fronts sont clairs. La gauche défend le tronc commun afin que l'école remplisse sa mission éducative au sens large. La droite craint pour ses «bons» élèves, auxquels le système des classes hétérogènes porterait préjudice. Quant aux parents, ils essaient de saisir les enjeux d'une généralisation du tronc commun en 7e année. Mais ne trouvent pas toujours leur compte dans les arguments des uns et des autres.

Au niveau des enseignants, il est étonnant de constater une concordance transversale entre deux collèges d'extraction sociale très différente. D'autant que pour le 7e degré, le Cycle d'orientation de la Florence recense 13 classes à sections, dont 6 latines, 3 scientifiques, 3 générales et pratiques et enfin une classe pour sportifs. De son côté, le collège des Coudriers compte 14 classes intégralement hétérogènes.

Le principal argument des enseignants en faveur du tronc commun en 7e année: il permet une meilleure cohérence avec l'école primaire rénovée, qui a renoncé aux notes pour l'évaluation formative. A ce jour, les élèves du primaire sont sélectionnés à la fin de la 6e sur la base de trois notes: deux en français et une en mathématiques. «C'est arbitraire d'orienter les élèves sur une telle base», s'exclame Daniel Tintori, enseignant au collège de la Florence.

Aujourd'hui, le système des sections implique une sélection à 12 ans déjà. Sur ce point aussi, les enseignants tendent à penser qu'elle est trop précoce, car, «chez bien des élèves, les choses ne sont pas encore véritablement en place, d'un point de vue psychologique», arguent-ils.

Cette concordance transversale entre enseignants de collèges très différents au plan socioculturel tranche néanmoins avec les positions des parents d'élèves, qui diffèrent selon le niveau scolaire de leurs enfants, mais aussi selon leur statut social. Même si les associations de parents d'élève du primaire et du Cycle d'orientation approuvent le tronc commun en 7e année.