Transports

Claude Hêche: «Nous demandons 13 milliards pour le rail»

Le président d'Ouestrail n'est pas satisfait des propositions de l'Office fédéral des transports. Il admet cependant qu'il faudra tenir compte de l'évolution de la technologie

L’association Ouestrail, qui, vendredi à Yverdon, a consacré son colloque annuel au développement des véhicules autonomes, n’est pas satisfaite des propositions de l’Office fédéral des transports (OFT) pour la prochaine tranche de crédits ferroviaires, à l’horizon 2030-2035. L’OFT propose une enveloppe de 11,5 milliards, mais n’a pas retenu le doublement intégral du tunnel du Lötschberg ni la construction d’une nouvelle ligne directe entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds. Sur cet axe, l’OFT recommande simplement de moderniser le tracé existant. Président d’Ouestrail, le conseiller aux Etats Claude Hêche (PS/JU) explique pourquoi l’association n’est pas d’accord.

Le Temps: Pourquoi n’êtes-vous pas satisfaits?

Claude Hêche: La Suisse occidentale, y compris Berne, représente 40% de la population, 40% du territoire national et 40% des emplois. Il serait logique qu’elle reçoive 40% des crédits. Or, contrairement à la précédente tranche de crédits qui respectait l’équilibre régional, elle ne recevrait que 21% des 11,5 milliards proposés par l’OFT. Ce n’est pas acceptable. Ouestrail et la Conférence des transports de Suisse occidentale (CTSO) vont se battre pour corriger cela. Nous allons associer les milieux économiques, les villes et les partenaires sociaux à notre mouvement.

– Que demandez-vous? Davantage d’argent?

– Oui. Il faut monter à environ 13 milliards de francs. Je rappelle qu’on a fait la même chose avec la précédente tranche de crédits. Le parlement a doublé l’enveloppe proposée par le Conseil fédéral, parce que toute une série de projets indispensables n’avaient pas été inclus. Nous militons pour le doublement intégral du Lötschberg. Il n’est à deux voies que sur une petite portion. Or, la Suisse a décidé d’investir de l’argent pour améliorer la ligne du Simplon sur le territoire italien. Il faut donc être cohérent et rendre le Lötschberg plus performant.

– Si vous n’êtes pas entendus et qu’on en reste à 11,5 milliards, ne courez-vous pas le risque de voir les projets défendus par la Suisse occidentale – le Lötschberg, la nouvelle ligne directe neuchâteloise et l’amélioration demandée par Genève en direction de La Plaine – se faire concurrence entre eux?

– Bien sûr. C’est pourquoi nous insistons sur la nécessaire solidarité entre les régions de Suisse occidentale. C’est fondamental.

– Le développement des véhicules autonomes risque de chambouler les besoins en mobilité dans le futur. Ces investissements colossaux de 11,5 ou 13 milliards sont-ils adaptés aux évolutions technologiques qui se profilent à l’horizon?

– C’est une question importante. Ces évolutions technologiques sont réelles. Mais nous ne maîtrisons pas l’élément temporel. Nous ne savons pas quand elles se concrétiseront. Nous parlons d’investissements à l’horizon 2030 ou 2035 en fonction de nos connaissances actuelles. Nous savons quels sont les axes surchargés dans lesquels il faut investir en priorité et ne devons pas oublier de raccorder les régions périphériques. Mais nous devrons effectivement être capables de nous adapter si nous constatons que l’évolution de la technologie peut éviter de faire certains investissements.

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