Elisabeth Baume-Schneider était la seule dans la confidence: après un long suspense, Claude Hêche a annoncé jeudi aux militants socialistes qu'il quittera le gouvernement jurassien à la fin de l'année, après douze ans passés à la tête du Département de la santé, des affaires sociales et de la police.

Dans une atmosphère lourde - «Ce fut un temps difficile à vivre», a reconnu la présidente Marlyse Fleury -, le magistrat a enfin levé le voile, après avoir fait le bilan de son parcours politique, qu'il juge «réussi».

Il en a visiblement coûté au magistrat de 53 ans de prendre une telle option. Son discours a d'ailleurs été parsemé de piques amères contre ceux qui l'ont critiqué. Mais Claude Hêche ne disparaîtra pas de la scène politique. Avec le départ obligé de Pierre-Alain Gentil du Conseil des Etats en 2007, il a d'ores et déjà émis «son intérêt» pour le poste.

Agacés d'avoir été suspendus durant de longues semaines à la décision de leur ministre, les militants l'ont poliment et longuement applaudi, toutefois sans effusion et sans éloge spontané, sinon celui de sa collègue présidente du gouvernement, Elisabeth Baume-Schneider, candidate à un deuxième mandat.

L'élection du gouvernement jurassien en automne s'annonce ouverte, avec le retrait de trois des cinq ministres, tous en fonction depuis douze ans: Claude Hêche et les PDC Jean-François Roth et Gérald Schaller.