Claude Torracinta démissionnera de la présidence de la LICRA-Suisse, en juin, lors de l'assemblée générale de l'association, qui se tiendra à Lausanne. Celui qui préside par ailleurs l'Hospice général de Genève a confirmé mardi cette information au Temps. Claude Torracinta est à la tête de l'antenne helvétique de la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme depuis quatre ans. «Je ne souhaite pas prolonger mon mandat, déclare l'intéressé. J'ai toujours été favorable aux mandats courts.» L'ancien journaliste de la Télévision suisse romande a une année chargée devant lui. Il prépare la réalisation d'un documentaire sur les franchissements de la frontière genevoise durant la Seconde Guerre mondiale. Le parlement genevois doit encore approuver un crédit de 477 000 francs que le Conseil d'Etat entend allouer au projet. «Je m'attends à ce qu'il soit voté sans difficulté», affirme Claude Torracinta.

Sous la courte ère Torracinta, la LICRA-Suisse a été réorganisée, des sections cantonales romandes créées, la dernière en date en Valais. La prochaine le sera cette année à Fribourg. L'association s'est signalée par du lobbying auprès du Conseil fédéral et des Chambres sur des questions touchant aux naturalisations et à la propagande raciste et antisémite de certains sites Internet. La LICRA pourrait se prononcer prochainement sur la reconnaissance par la Suisse du génocide arménien, un postulat en ce sens du conseiller national Josef Zisyadis (POP/VD) devant être traité par le parlement à Lugano.

La LICRA-Suisse compte 800 adhérents, tous bénévoles. Elle dispose d'un budget annuel de 60 000 francs. Claude Torracinta ne souhaite pas déflorer le nom de la personne qui lui succédera à la tête de la LICRA. «Il faut à ce poste une personnalité», dit-il.