Vaud

Claude-Alain Voiblet est définitivement banni de sa section UDC

Le recours du président de la section lausannoise contre son exclusion n'a pas abouti. C'est définitif: Claude-Alain Voiblet n'appartient plus à la section vaudoise de l'UDC. Au moment de l'annonce, à 1h15 du matin vendredi, il s'était déjà sauvé

Le congrès vaudois de l'UDC a tranché: Claude-Alain Voiblet est définitivement exclu de son parti cantonal. Kevin Grangier, secrétaire du parti cantonal a mené l'offensive durant la soirée: «acceptons-nous le mensonge et l'impunité dans le parti?», a-t-il scandé devant les députés. 

Pourtant, Claude-Alain Voiblet s'est défendu. Des gouttes de sueur perlant à son front, la voix tremblante, il a rappelé que son adhésion à l'UDC datait de 1982, et qu'il y avait depuis consacré sa vie. «Mes excuses, j'aimerais les faire au parti, mais surtout, à mes enfants», a-t-il plaidé pour sa propre défense. Mais le député et président de la section lausannoise du parti sentait qu'il partait perdant. 

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Jeudi soir, le congrès UDC a réuni 152 députés du parti cantonal dans un sinistre hangar sis dans la zone industrielle de Savigny, au-dessus de Lausanne. En ce jour d'anniversaire de l'entrée du canton dans la Confédération, c'est en chantant l'hymne vaudois qu'ils ont entamé la soirée.

Après s'être positionnés sur les scrutins fédéraux du 5 juin 2016 – donc, avoir refusé à l'unanimité la modification de la loi sur l'asile (LAsi) – les partisans se sont penchés pour la dernière fois sur l'affaire qui occupe le parti depuis plusieurs mois. En mars dernier, le couperet était tombé. Les cadres de l’UDC Vaud avaient alors décidé de mettre un terme à leur collaboration avec Claude-Alain Voiblet, accusé d'avoir collé ses affiches sur celles d'autres collègues de parti, candidats aux fédérales. Ils lui reprochaient également de ne pas assumer clairement ses responsabilités. La même sentence était prononcée à l’égard de Pierre Oberson, impliqué dans à cette affaire.

Le plaidoyer de Kevin Grangier à l'encontre de Claude-Alain Voiblet

Jeudi soir, il revenait à Kevin Grangier, secrétaire du parti cantonal, de plaider l'exclusion du vice-président de l'UDC suisse. Alors, sur un ton dramatique, avec des gestes théâtraux, Kevin Grangier prend le micro, descend de l'estrade et  – pages Powerpoint à l'appui – décrit chronologiquement l'affaire des affiches. Durant 20 minutes, avec véhémence, il démontre la mauvaise foi du président de la section lausannoise, des courriels prouvant ses contradictions et des photos sa culpabilité. 

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Claude-Alain Voiblet vous a donné pleine satisfaction durant des années, il faut s'en rappeler.

Suite à quoi, Philipp Stauber, président du groupe UDC au Conseil communal lausannois prend la défense de Claude-Alain Voiblet. «Mesdames et Messieurs, personne n'est parfait», commence-t-il. «Claude-Alain Voiblet vous a donné pleine satisfaction durant des années, il faut s'en rappeler». Minute poétique de la soirée, il clôt sa plaidoirie en citant Jean de la Fontaine, «Une Montagne en mal d'enfant, jetait une clameur si haute, que chacun, au bruit accourant, crut qu'elle accoucherait, sans faute, d'une cité plus grosse que Paris; elle accoucha d'une souris-»

Puis, les députés, dont une vingtaine d'UDC lausannois, se retrouvent en huit-clos, excluant une heure durant les journalistes du débat. Dehors, à Savigny, il fait froid. Le résultat tombe à 1h15 du matin. Au moment de l'annonce, Claude-Alain Voiblet s'est déjà sauvé. 91 voix l'excluent du parti, 57 le soutiennent. Pierre Oberson, président sur le départ de l'UDC du district de Lausanne, est également exclu par 101 voix contre 49.

Certains ont la mémoire courte: beaucoup qui ont voté contre moi ce soir ont oublié que je les ai aidé à monter leurs sections, ou à rédiger leurs rapports au Grand Conseil. C'est dommage.

Dix minutes plus tard, c'est Claude-Alain Voiblet, depuis sa voiture, qui nous appelle «pour connaître le résultat du vote», même s'il savait la conclusion inévitable. «Le débat a montré la fracture entre ville et campagne», analyse-t-il. «La vraie motivation de l'exclusion venait surtout du fait que je dérange. Mais j'étais préparé à cette décision. Je me suis quand même dit que certains ont la mémoire courte: beaucoup qui ont voté contre moi ce soir ont oublié que je les ai aidé à monter leurs sections, ou à rédiger leurs rapports au Grand Conseil. C'est dommage.»

La RTS révélait plus tôt dans la soirée la démission de Claude-Alain Voiblet du groupe UDC au Grand Conseil vaudois. Le député garde son mandat mais siègera désormais sous une casquette d'indépendant. 

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