éditorial

Pour le climat, protégeons le tortillard

ÉDITORIAL. Réformer le trafic régional: oui; remplacer le train par le bus: non

D’apparence technique, la réforme du transport régional de voyageurs (TRV) mise en consultation par le Conseil fédéral et demandée par le Contrôle fédéral des finances pose des jalons essentiels pour la mobilité de demain. Surtout depuis l’éclatement de l’affaire CarPostal, il est clair que le système de commande et de financement du trafic régional nécessite un toilettage.

Les sommes en jeu sont importantes – 4 milliards de francs par an couverts par les usagers et les collectivités publiques –, mais la raison d’être de ce service l’est tout autant: selon les statistiques officielles, 2,5 millions de personnes montent chaque jour à bord d’un bus, d’un car ou d’un train régional en Suisse. Regardons si l’on peut mieux faire que le système actuel, enchevêtré et exposé à des risques d’abus pour l’estimation des dépenses à couvrir par des subventions.

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Il s’agit cependant de ne pas perdre de vue une autre problématique importante: la protection du climat. Que l’on subisse ou non ses retards ponctuels, le train reste le moyen de transport le plus propre. Il serait dommageable que la réforme engagée par le Conseil fédéral se traduise par un remplacement de prestations ferroviaires à certaines heures, voire carrément de lignes entières, par des services de bus.

Or, ce risque existe. On se souvient du tollé qu’avait provoqué un projet de l’Office fédéral des transports en 2012: plus d’une liaison ferroviaire sur deux – toutes celles dont le taux de couverture était inférieur à un certain seuil – était menacée de disparition. Les cantons avaient heureusement organisé la résistance.

Certes, la réforme du financement du trafic régional n’a pas pour but de remplacer le train par le bus, moins cher à exploiter. Mais il serait dommageable que cela en devienne une conséquence indirecte. Alors que le débat sur le dérèglement climatique bat son plein, il est nécessaire de promouvoir les déplacements en train partout où c’est possible, y compris dans les régions périphériques.

Il faut protéger les tortillards. Ce d’autant plus que si les villes expérimentent les unes après les autres des bus électriques, on est loin de voir ces véhicules circuler dans tout le pays. Cet aspect devra aussi être pris en compte dans l’évaluation des propositions du Conseil fédéral pour réformer le trafic régional.

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