Genève

Le Club suisse de la presse garde sa subvention

En débat budgétaire, les députés genevois ont refusé de biffer la subvention de 100 000 francs à l’institution contestée dirigée par le PDC Guy Mettan

Le Club suisse de la presse conserve sa subvention annuelle de 100 000 francs. Les députés genevois, qui débattent actuellement du budget cantonal 2018, ont accepté l’amendement du Conseil d’Etat demandant de rétablir cette somme.

La russophilie de Guy Mettan, député PDC et directeur de ce cénacle, influe par trop le choix des invités du Club, qui se trouve à deux pas de l’Organisation des Nations unies, avait jugé la majorité de la Commission des finances. La subvention avait donc été rayée du budget 2018.

Etrange raccourci

Le courroux des élus avait redoublé depuis le mardi 28 novembre et l’organisation d’une conférence sollicitée par la mission russe mais pas annoncée comme telle, sur les casques blancs syriens. Ces sauveteurs sont accusés par Damas et Moscou d’être liés à des groupes djihadistes.

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Retirer cette subvention est un acte «particulièrement mesquin», a lancé Magali Orsini, élue du groupe Ensemble à gauche. Président du PDC, Bertrand Buchs a fait un lien entre la subvention et le soutien public à la presse. Sans argent public, la presse est livrée à «notre maître à tous Christoph Blocher», lançait-il ironiquement dans un drôle de raccourci, mêlant l’amendement soumis au vote, la votation sur «No Billag» et la situation économique des éditeurs.

«Un instrument fondamental»

Les Verts se sont dits prêts à rétablir la subvention une fois un rapport rédigé sur le club. «Soupçons de népotisme», «manque d’impartialité»: les critiques de Sophie Forster Carbonnier, membre du groupe écologiste, étaient féroces envers le directeur.

«On peut faire mille reproches à Guy Mettan. Et ce ne serait sans doute pas assez, a lancé François Longchamp, président du Conseil d’Etat. Mais il faut distinguer ces questions de celles portant sur le club, qui est un instrument fondamental de la Genève internationale.»

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Et le PLR de rappeler qu’un audit indépendant avait été commandé, qui préconise de lancer une réflexion sur une refonte du club afin de le transformer au départ de son directeur. Cette réflexion va commencer en janvier 2018.

Un budget déficitaire

«Il faut avoir conscience que c’est un outil dont la Genève internationale a besoin», a conclu François Longchamp qui, en tant que président de l’Exécutif, est en charge des relations avec les organisations internationales.

Cet argument a porté auprès des députés. Par 49 oui contre 17 non et 16 abstentions, la subvention a été réintroduite. Elle a donc alourdi le budget déjà déficitaire de 186 millions.

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