«Sept millions de francs contre Christoph Blocher.» La coalition politico-économique qui milite pour la sauvegarde des accords bilatéraux, prend forme, révèle la «SonntagsZeitung», qui accroche ce titre en première page de son édition pascale. Elle avait commencé à prendre corps l’automne dernier, autour de diverses personnalités dont le milliardaire Hansjörg Wyss, patron du groupe médical Synthes. Un autre industriel, le Bernois Jobst Wagner, directeur du groupe Rehau, l’un des principaux transformateurs mondiaux de polymères, s’est joint au mouvement.

Selon l’hebdomadaire alémanique, les donateurs de l’alliance « Avantage Suisse, coalition de la raison pour la sauvegarde du modèle suisse à succès » sont prêts à injecter sept millions de francs pour défendre les intérêts économiques de la Suisse contre les initiatives populaires de Christoph Blocher et de ceux qui l’entourent. Le mouvement a dans son viseur la mise en œuvre de l’initiative sur l’immigration, qui ne doit pas couper la Suisse de ses voisins européens, ainsi que celle qui veut privilégier le droit national par rapport au droit international.

Dans une interview, Jobst Wagner explique qu’il agit en tant que « citoyen et entrepreneur » soucieux de développer l’emploi en Suisse. Plusieurs politiciens de différents partis soutiennent le mouvement : le libéral-radical et vice-président du Conseil des Etats Raphaël Comte, la socialiste Pascale Bruderer, le bourgeois-démocrate Hans Grunder, le démocrate-chrétien Filippo Lombardi, la Verte Regula Rytz, la Vert’libérale Tiana Angelina Moser, l’entrepreneur libéral-radical Ruedi Noser, ainsi que la directrice générale Nicole Loeb, à la tête des grands magasins homonymes, le président de la SSR Raymond Loretan et l’ancien secrétaire d’Etat et président de la Société suisse d’utilité publique (SSUP), Jean-Daniel Gerber.

Le mouvement dit entretenir des contacts avec des groupements poursuivant les mêmes buts, en particulier le Nomes, le professeur de droit Thomas Cottier et l’ancien conseiller d’Etat zurichois Markus Notter. De nouveaux adhérents seront recrutés d’ici à l’été.

Hymne sans paroles ?

Jean-Daniel Gerber était à la une cette semaine pour une autre raison : la SSUP qu’il préside a lancé le concours public pour le remplacement de l’hymne national. Dans le «SonntagsBlick», l’écrivain alémanique Silvio Blatter propose de renoncer à un nouveau texte, considérant qu’aucune formule ne sera véritablement en mesure de refléter la diversité de la Suisse. Il est vrai que les six textes proposés ont fait l’objet de nombreuses critiques depuis leur publication il y a une semaine.

«Schweiz am Sonntag» donne la parole au nouveau patron du groupe Raiffeisen, Patrik Gisel. Interrogé sur l’échange automatique d’informations, il déclare que le secret bancaire disparaîtra aussi, à terme, pour les contribuables et citoyens suisses. « La question fiscale ne signifie pas que l’on jette par-dessus bord toute la protection de la sphère privée », commente-t-il.